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apic/Tours/ voyage Jean Paul II
Tours: Visite du pape Jean Paul II le 21 septembre (260696)
La solidarité et le partage au centre de la journée
Tours, 26juin(APIC) La rencontre de Jean Paul II avec les «blessés de la
vie» le 21 septembre à Tours devrait être un des points culminants du 5e
voyage du pape en France. Tel est du moins le désir exprimé par Mgr Jean
Honoré, archevêque de Tours, devant les journalistes de l’information religieuse. Entre St-Anne d’Auray en Bretagne et Reims en Champagne, Tours servira de plaque tournante où Jean Paul II passera trois nuits.
Si à Reims l’attention se focalisera sur le 1500e anniversaire du baptême de Clovis, roi des francs, à Tours, les fidèles célébreront une autre
grande figure de la fin de l’Antiquité, l’évêque saint Martin. «Nous insisterons sur trois dimensions de saint Martin: un homme de prière, un homme
de parole et un homme de charité», explique Mgr Honoré. Le rayonnement de
saint Martin dépasse largement la région de Tours. C’est une figure connue
pratiquement à travers toute la chrétienté. En outre, pour l’archevêque de
Tours, la célébration de saint Martin «pondère» celle du baptême de Clovis
dont le caractère peut présenter certaines ambiguïtés et être sujet à polémiques.
Pour le diocèse de Tours, la venue du pape répond à un triple objectif:
manifester la communion en Eglise, c’est le sucesseur de Pierre qui est accueilli par l’Eglise de Tours; affermir la foi des croyants et apporter un
message de solidarité et de partage.
Rencontre du pape avec les «blessés de la vie»
Tout le monde connaît l’épisode où saint Martin tranche son manteau avec
son épée pour en donner la moitié à un pauvre. Pour le voyage du pape, nous
avons voulu aussi un geste symbolique fort, relève Mgr Jean-Marie Onfray,
vicaire général du diocèse. Ainsi le pape rencontrera durant 40 minutes
quelque 250 personnes souffrant de handicaps physiques, psychiques ou de
blessures sociales. Pour cela les organisateurs ont travaillé avec 35 organismes d’entraide, confessionnels ou non, qui enverront les personnes. Tout
sera mis en place pour éviter que ces gens ne se sentent d’avantage exclus
ou montrées du doigt.
Un financement assuré par l’Eglise
Le financement du voyage à Tours sera assuré par la communauté catholique avec des aides du Conseil régional et du Conseil général. L’aide de
l’Etat sera indirecte dans le sens où il mettra à disposition une partie
des infrastructures, en particulier la base aérienne de Tours où le pape
célébrera la messe. Il s’occupera également des questions de sécurité, de
protocole et de communications, indique Mgr Honoré. Le pape sera d’ailleurs
reçu à son arrivée à Tours par le président de la République Jacques Chirac.
Même si la France connaît depuis 1905 la séparation Eglise-Etat celle-ci
n’est pas totale. L’Etat par exemple étant propriétaire des églises et des
cathédrales. Le voyage du pape sera aussi l’occasion pour les collectivités
publiques d’entreprendre ou d’accélérer les rénovations urgentes de certains monuments, et de faire des travaux de voirie, indique-t-on à Tours.
Le diocèse n’a cependant demandé aucune subvention pour le financement du
voyage papal lui-même. Les dons, les quêtes et les sponsors doivent permettre d’en couvrir le frais qui ne sont d’ailleurs pas définitivment chiffrés. 1’400 bénévoles se sont déclarés prets à participer à l’organisation.
Mgr Honoré s’attend aussi à une certaine opposition au voyage de Jean
Paul II. Le courant libertaire a une certaine violence verbale et gesticulatoire, mais ne regroupe que très peu de personnes, remarque l’archevêque.
Il y a aussi un courant laïque préconisant une séparation totale de l’Eglise et de l’Etat. On y retrouve des libres-penseurs, des groupes occultes
mais aussi des syndicats d’enseignants. Le troisième courant est celui des
chrétiens militants et critiques qui s’inscrivent dans le sillage de l’affaire Gaillot. Ils contestent moins la venue du pape que sa personnalité. A
Tours comme à Reims, nous ne sommes pas ménagés par la critique, conclut
Mgr Honoré. (apic/jcn/mp)



