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apic/Turquie/Droits de l’homme/ rapport accablant

Bruxelles: La Turquie face à ses minorités (260395)

Rapport accablant d’un mouvement belge des droits de l’homme

Bruxelles, 26mars(APIC/CIP)) «La Turquie face à ses minorités»: Tel est

le titre d’un rapport que publie le mouvement belge «Droits de l’Homme sans

Frontières». Un rapport accablant qui décrit les nombreuses violations des

droits de l’homme commises par les autorités turques au cours des deux dernières années, spécialement envers la communauté kurde.

Ce rapport de 44 pages est publié sous le patronage du sénateur belge

Willy Kuijpers. Ce dernier a lancé une claire mise en garde à l’adresse des

autorités turques lors d’une conférence de presse tenue au Parlement belge

la semaine dernière: «Si elle veut conserver sa place dans la communauté

des nations européennes et donner quelque fondement à ses espoirs d’adhésion future à l’Union européenne, la Turquie est condamnée à signer la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales et à respecter

les droits des personnes appartenant à ses minorités ethniques et religieuses», a-t-il déclaré. Et d’ajouter: «La suspension d’Europalia Turquie, les

difficultés accumulées sur le chemin de ses accords douaniers avec l’Union

européenne, la demande de son exclusion du Conseil de l’Europe, présentée

par le groupe socialiste de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, constituent autant de signaux d’alarme pour un pays régulièrement cloué

au pilori en raison de ses mauvais bilans en matière de droits de l’homme

et en particulier de ses manquements à la liberté religieuse».

Un constat consternant

Le constat dressé par «Droits de l’Homme sans Frontières» pour 1994 est

consternant: des milliers de morts et de blessés dans la guerre contre les

Kurdes qui sévit dans le sud-est de la Turquie; des centaines de villages

et de hameaux kurdes et chrétiens rasés ou incendiés; de nombreux cas de

disparitions, d’enlèvements, de tortures, de mutilations par des mines et

d’assassinats de personnes appartenants à des minorités; des milliers de

familles kurdes, assyriennes, araméennes et arméniennes en quête d’asile

dans un pays de l’Union européenne; des centaines de sites et de monuments

appartenant au patrimoine historique, architectural et artistique des minorités religieuses, menacés de disparition.

«Droits de l’Homme sans Frontières» a donné la parole à des spécialistes

et des représentants des minorités kurde, arménienne, assyrienne, araméenne

et grecque. Plusieurs parties du rapport ont été rédigées par Dogan Ozgüden, rédacteur en chef d’Info-Türk; Pervine Jamil, présidente de l’Institut

kurde de Bruxelles; Claude Selis, dominicain, orientaliste; Payanote Elias

Dimitras, porte-parole du «Greek Helsinki Monitor» à Athènes et Christine

Flamand, juriste.

Le rapport décrit nombre de violations des droits de l’homme commises

par les autorités turques au cours des deux dernières années contre cinq

minorités, parmi une trentaine recensées par l’organisation. Des introductions et mises en perspective historiques éclairent la compréhension de la

réalité actuelle des minorités chrétiennes.

Pour la publication d’un bilan régulier de la situation

«Droits de l’Homme sans Frontières» plaide pour que des bilans en matière de respect des droits individuels fondamentaux soient publiés régulièrement. En particulier sur les personnes appartenant à des minorités ethniques et religieuses. Ces bilans devraient être portés à la connaissance du

Parlement européen, du Conseil de l’Europe, et de la Cour européenne. Ils

devraient conditionner le développement des relations entre l’Union européenne et la Turquie. Pour l’organisation belge, l’intégration progressive de

ce pays dans l’Union européenne exige en effet «que La Turquie conforme ses

législations et comportements en matière de droits de l’homme et de liberté

religieuse à la Convention européenne».

En guise de conclusion, «Droits de l’Homme sans Frontières» adresse un

certain nombre de recommandations aux autorités turques dans les domaines

des libertés et des droits fondamentaux, de la culture et de l’éducation,

des droits linguistiques et de la liberté religieuse. L’organisation leur

demande notamment de reconnaître aux membres des minorités religieuses «le

droit de professer et de pratiquer leur propre religion, d’entretenir, de

restaurer et d’agrandir librement, sans ingérence ni discrimination quelconque, leurs édifices religieux». (apic/cip/ba)

26 mars 1995 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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