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Ukraine: Le plan de réunification de deux Eglises (121295)
orthodoxes d’Ukraine pourrait isoler l’Eglise dissidente
Varsovie, 12décembre(APIC) Les deux principales Eglises orthodoxes
d’Ukraine ont décidé de mettre sur pied une commission chargée de préparer
la voie vers la réunification, apprend-on à Kiev. Les commentateurs doutent
cependant de la viabilité de cette proposition.
Les chrétiens orthodoxes d’Ukraine qui représentent le plus grand groupe
des 52 millions d’habitants que compte le pays se répartissent en trois
Eglises rivales: l’Eglise orthodoxe d’Ukraine, restée loyale au Patriarcat
de Moscou; l’Eglise orthodoxe ukrainienne dissidente – dite Patriarcat de
Kiev; et l’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne.
Cette rivalité a été déclenchée, après la chute de l’Union soviétique,
par la volonté des nationalistes ukrainiens de mettre en place une Eglise
n’ayant aucun lien avec l’Eglise orthodoxe russe.
Le projet de création d’une commission a été approuvé lors d’entretiens
entre des représentants de l’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne et de
l’Eglise orthodoxe d’Ukraine – Patriarcat de Moscou, à la suite d’une réunion du Synode de l’Eglise autocéphale, tenue à la fin novembre à Kiev.
L’Eglise orthodoxe autocéphale, formée à l’origine dans la diaspora
ukrainienne en Amérique a repris ses activités dans le pays en 1988 après
la libéralisation religieuse. Elle était au départ la plus petite des trois
Eglises d’Ukraine. Mais elle est devenue la deuxième en importance depuis
que quatre évêques influents, refusant d’accepter l’élection de Philarète
Denisenko comme patriarche, ont quitté, avec leurs fidèles, l’Eglise orthodoxe ukrainienne dissidente en octobre dernier.
Philarète, qui, en tant que métropolite de Kiev, avait dirigé l’Eglise
orthodoxe russe en Ukraine pendant presque trente ans sous le régime soviétique, avait été démis de ses fonctions en juin 1992 par le Synode de
l’Eglise orthodoxe russe réuni à Moscou pour avoir «enfreint le droit canonique» – jugement renforcé par l’excommunication après la formation de
l’Eglise dissidente la même année.
Le métropolite Philarète isolé
Après son élection en octobre de cette année à la tête de l’Eglise dissidente, Philarète avait déclaré qu’il s’efforcerait d’obtenir l’unification entre son Eglise et l’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne, avant
d’entamer des négociations avec l’Eglise orthodoxe d’Ukraine, dépendant du
Patriarcat de Moscou.
Mais d’autres défections survenues récemment devraient, selon certains
observateurs, isoler encore plus Philarète et diminuer son rôle dans le cadre d’un projet d’unification.
Depuis les changements d’octobre, l’Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne et l’Eglise orthodoxe ukrainienne dissidente – Patriarcat de Kiev déclarent compter respectivement 1’500 et 1’100 paroisses; quant à l’Eglise
orthodoxe d’Ukraine, dépendant du Patriarcat de Moscou – la seule des trois
Eglises reconnue canoniquement par les Eglises orthodoxes d’autres pays elle en compte 6 000.
Le rédacteur de l’hebdomadaire «Ukrainski Slovo» de Kiev, Miroslav Verbovy, exprime certains doutes quant aux chances d’aboutissement de ce projet d’unification. «Même si, indubitablement, Philarète se trouve dans une
situation difficile, il se peut que l’avenir de son Eglise ne soit pas aussi sombre», remarque-t-il en évoquant une possible résistance des membres
de l’Eglise orthodoxe autocéphale au projet d’unification avec l’Eglise orthodoxe d’Ukraine dépendant du Patriarcat de Moscou. «Etant donné la disparité énorme concernant le nombre des fidèles entre les deux Eglises, une
fusion signifierait clairement l’absorption de l’Eglise autocéphale par
l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. Une coalition contre Philarète pourrait alors
se révéler impossible.» (apic/eni/mp)



