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apic/Université de Fribourg/ Evaluation

Fribourg: L’Université fribourgeoise sous la loupe des experts (130197)

Un élément essentiel: sa Faculté de théologie catholique,

la seule en Suisse à faire partie intégrante d’une Université d’Etat

Fribourg, 13janvier (APIC) L’Université de Fribourg s’en tire plutôt bien.

Objet d’une évaluation générale d’avril 1995 à juin 1996, à laquelle 30 experts externes ont été associés, le Comité d’évaluation a présenté son verdict lundi matin lors d’une conférence de presse dans les locaux restaurés

de la «Kinderstube». Louanges sur certains points, mais aussi critiques et

améliorations souhaitées sur d’autres. «Nous allons vers l’avenir avec confiance», a répété plusieurs fois Augustin Macheret, directeur de l’Instruction publique et des affaires culturelles du canton de Fribourg.

Un élément essentiel de l’Université de Fribourg est sa tradition catholique, car elle est la seule université suisse disposant d’une Faculté de

théologie catholique», a déclaré lundi Johannes Fulda, secrétaire général

du Conseil des Ecoles polytechniques fédérales et président du Comité

d’évaluation. Un comité chargé d’examiner comment l’Université de Fribourg

s’acquitte de ses missions principales d’enseignement et de recherche.

Pour Johannes Fulda, Faculté de théologie fournit des prestations académiques «du plus haut niveau sur le plan international», comme celles, absolument remarquables, de la Faculté de droit. Le président du comité d’évaluation a en outre relevé une autre spécificité, unique, de l’Université de

Fribourg, cette fois-ci en Europe. Elle réside dans sa situation géographique, sur la frontière linguistique et culturelle franco-alémanique, dans

son bilinguisme, sans oublier son «corpus academicum» dont la diversité

porterait ombrage à la tour de Babel!: 35% de son corps professoral est

d’origine étrangère. A cela s’ajoute que Fribourg, avec 20% de Fribourgeois

et 60% d’autres étudiants confédérés, est aussi une Université d’importance

nationale.

Mais comme l’a souligné Augustin Macheret, une telle évaluation générale, faculté par faculté, n’est pas d’abord un exercice de célébration des

qualités et de la renommée de la Haute Ecole fribourgoise, mais surtout

l’occasion d’en signaler les carences et les faiblesses. «Car la pérennité

dans le succès ne va pas de soi», insiste le Conseillet d’Etat, qui fut

aussi recteur de l’Université. Johannes Fulda signale spécialement des recommandations faites à la Faculté des sciences: «Elle devrait développer le

secteur de la recherche et s’aligner encore davantage sur les technologies

modernes. La collaboration avec l’industrie est encore trop timide».

Verena Meyer, présidente du Conseil suisse de la science, au nom du Comité d’évaluation, a pour sa part porté un regard critique sur la Faculté

des sciences humaines, tout en signalant que cela recoupe aussi les résultats d’une évalutation des sciences humaines dans toute la Suisse universitaire. Les carences, jugées sévèrement par quelques experts de la commission, sont de nature structurelle. Il est question de meilleure coordination des forces au sein de la Faculté des lettres ou de meilleure collaboration interdisciplinaire en son propre sein. D’une manière générale les

critiques portent sur la très forte prééminence des chaires dans la Faculté

des sciences humaines, ce qui a pour conséquence un certain isolationnisme.

Une chance pour l’Université de Fribourg

L’évalution a été «une grande chance pour l’Université de Fribourg», a

affirmé en conclusion, le professeur Paul-Henri Steinauer, recteur de

l’Université de Fribourg. Souhaitée par l’Université pour mieux préparer

l’avenir, elle a pu être réalisée avec le concours de 30 experts externes à

l’Université. Pour mettre en pratique les résultats de l’évaluation, le

recteur a alors énuméré 15 projets de caractère général élaborés par le

rectorat et soumis au Conseil supérieur d’évaluation. Citons entre autres:

réexamen des relations entre l’Etat et l’Université (question de l’autonomie de l’Université), un problème d’autant plus actuel que le Conseil

d’Etat va prochainement soumettre au Grand Conseil fribourgeois la nouvelle

loi universitaire. Autres projets: valorisation accrue du caractère bilingue de l’Université; intensification de la collaboration avec les Universités de Neuchâtel et de Berne; encouragement de la relève féminine dans chaque Faculté et réservation à cet effet de certains postes d’enseignement à

des femmes; réorganisation du système des bibliothèques; réalisation, par

étapes, de nouvelles constructions à Pérolles et à Miséricorde. Enfin chaque Faculté devra, jusqu’à la fin juin 1997, élaborer ses propres projets

concrets. (apic/ba)

Encadré

L’Université de Fribourg s’est fortement développée au cours de ces dernières années. La croissance du nombre d’étudiants de 1990 à 1995 a été de

35%, le plus fort taux des Hautes Ecoles suisses. Avec plus de 8’600 étudiants, elle est aujourd’hui une université de taille moyenne en Suisse, de

la grandeur de l’Université de Lausanne et plus grande que celle de Bâle,

par exemple.

L’Université de Fribourg compte environ 20% d’étudiants étrangers, appartenant à 104 nationalités différentes. Le budget 1996 de l’Université

s’élevait à 140 millions de francs suisses.

Encadré

La Faculté de théologie catholique est la seule en Suisse à faire partie

intégrante d’une Université d’Etat. Lieu de recherches théologiques, de

dialogue entre science et foi, elle tient à mettre en relation le message

évangélique avec le monde d’aujourd’hui. Elle encourage les échanges entre

ses deux sections linguistiques et s’engage dans la vie ecclésiale et sociale.

Quatre orientations d’enseignement et de recherche sont proposées par la

Faculté de théologie.

1. Sciences bibliques: Ancien et Nouveau Testament. Institut biblique.

2. Théologie pastorale: liturgie, catéchèse, droit canon, missiologie et

science des religions. Institut de théologie pastorale. Institut de missiologie et de science des religions.

3. Etudes historiques: langues orientales, patristique et histoire des dogmes, histoire de l’Eglise, études médiévales (avec Faculté des Lettres)

4. Théologie systématique: théologie fondamentale, théologie dogmatique,

théologie morale, philosophie (avec Faculté des Lettres) Institut d’études

oecuméniques, Institut de théologie morale.

La Formation est de 4 ou 5 ans, en français ou en allemand. Titres décernés: licence, diplôme ecclésiastique, doctorat. (apic/com/ba)

13 janvier 1997 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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