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Eglise: 30e Journée mondiale des Communications Sociales

«Un aéropage moderne pour promouvoir le rôle

de la femme dans la société», dit Jean Paul II

Rome, 24janvier(APIC) Les médias sont l’aéropage international «où les

idées sont échangées, où les attitudes sont formées et où une nouvelle culture est créée». Ils sont donc destinés à exercer «une influence puissante

sur le processus visant à déterminer si la société reconnaît et apprécie

pleinement non seulement les droits, mais aussi les dons particuliers des

femmes», écrit Jean-Paul II dans son message pour la 30e Journée mondiale

des Communications sociales, qui sera célébrée en mai , sur le thème «Les

médias: un aéropage moderne pour promouvoir le rôle de la femme dans la société».

Les médias, écrit Jean-Paul II, jouent «un rôle crucial» pour promouvoir

la justice et l’égalité à l’égard des femmes, mais aussi pour «favoriser la

reconnaissance de leurs dons féminins spécifiques» que, dans de précédents

documents, le pape a appelés le «génie» de la femme.

Une qualité essentielle de la féminité

Dans sa «Lettre aux Femmes» publiée l’an dernier, Jean-Paul, poursuivant

le dialogue sur ce que signifie être femme aujourd’hui, avait mis le doigt

sur quelques-uns des «obstacles qui, en de nombreuses parties du monde, empêchent encore les femmes de s’intégrer pleinement dans la vie sociale, politique et économique». Un dialogue que les personnes engagées dans les médias peuvent et doivent encourager: «personne n’est mieux placé pour stimuler la conscience du public au sujet de deux problèmes graves concernant

les femmes dans le monde d’aujourd’hui»: la maternité et l’émancipation des

femmes.

La maternité, tout d’abord, qui «est souvent pénalisée au lieu d’être

récompensée, bien que l’humanité doive sa propre survie aux femmes qui ont

choisi d’être des épouses et des mères». Le pape ajoute: «Il est sans aucun

doute injuste que ces femmes fassent l’objet d’une discrimination, sur le

plan économique ou social, précisément pour avoir suivi cette vocation fondamentale.» Jean-Paul II signale aussi «un besoin urgent d’obtenir partout

une égalité effective dans tous les domaines: la parité des salaires à travail égal, la protection des mères qui travaillent, un juste avancement

dans la carrière, l’égalité des époux dans les droits de la famille et la

reconnaissance de tout ce qui est lié aux droits et aux devoirs du citoyen

dans un régime démocratique».

Le progrès de la véritable émancipation des femmes est pour le pape «une

affaire de justice, qui ne peut plus être ignorée», ainsi qu’»une question

de bien-être de la societé». Jean-Paul II se réjouit d’une conscience plus

vive de la nécessité pour les femmes de pouvoir jouer leur rôle dans la solution des problèmes graves de la societé, surtout quand celle-ci est organisée sur les seuls critères de l’efficacité et de la productivité. La femme, écrivait-il dans sa Lettre de l’an dernier, favoriseront les «processus

d’humanisation qui caractérisent la «civilisation de l’amour».

Cette «civilisation de l’amour», écrit-il aujourd’hui, consiste surtout

dans «une affirmation radicale de la valeur de la vie et de la valeur de

l’amour», deux domaines où les femmes sont particulierement qualifiées et

privilégiées. En ce qui concerne la vie, écrit-il, si elles ne sont pas les

seules responsables d’affirmer sa valeur intrinsèque, les femmes «jouissent

d’une capacité unique à le faire en vertu de leur lien intime avec le mystère de la transmission de la vie». En ce qui concerne l’amour, elles peuvent «apporter à tous les aspects de la vie, y compris aux niveaux les plus

hauts de prises de décision, cette qualité essentielle de la féminité qui

réside dans l’objectivité de jugement, nuancée par la capacité à comprendre

en profondeur les exigences des relations entre les personnes».

Quelle image de la femme?

Les médias – presse, cinéma, radio, télévision, industrie de la musique

et réseaux informatiques – représentent, souligne Jean-Paul II, «l’aéropage

international dans lequel l’information est reçue et transmise rapidement à

un public mondial, où les idées sont échangées, où les attitudes sont formées, et où une nouvelle culture est créée. Les médias sont donc destinés à

exercer une influence puissante sur le processus visant à déterminer si la

société reconnaît et apprécie pleinement non seulement les droits, mais

aussi les dons particuliers des femmes».

Le pape constate que, malheureusement, on trouve souvent dans les médias

«non pas l’exaltation, mais l’exploitation des femmes»: «Combien de fois

sont-elles traitées non pas en tant que personnes ayant une dignité inviolable, mais en tant qu’objets servant à satisfaire la soif de plaisir et de

pouvoir des autres? Combien de fois le rôle de la femme en tant qu’épouse

et mère est-il sous-estimé ou même tourné en ridicule? Combien de fois le

rôle des femmes dans les affaires où dans la vie professionnelle est-il dépeint comme une caricature de l’homme, comme un rejet des dons spécifiques

de l’intuition féminine, de la compassion et de la compréhension, qui contribuent de façon si importante à la «civilisation de l’amour»?

Le rôle des femmes dans les médias

Le pape souligne que les femmes elles-mêmes peuvent faire beaucoup pour

y remédier, en encourageant des programmes sérieux d’éducation aux médias,

en enseignant aux autres à être «des consommateurs critiques», en faisant

connaître leurs opinions aux sociétés de production, aux éditeurs, aux réseaux de programmation et aux publicistes que la dignité de la femme est

insultée ou quand son rôle dans la société est dégradé. De plus, les femmes

«peuvent et doivent se préparer à des positions de responsabilité et de

créativité dans les médias, non pas en étant en conflit ou en imitant les

hommes dans leurs rôles, mais en laissant la marque de leur propre «génie»

dans leur travail et leur activité professionnelle».

Avant de conclure, le pape souhaite que les médias attirent l’attention

sur «les véritables heroïnes de la société, y compris les saintes femmes de

la tradition chrétienne, comme des modèles d’inspiration pour les jeunes et

les générations à venir». C’est le cas des nombreuses femmes consacrées

«qui ont tout sacrifié pour suivre Jésus et se consacrer à la prière et au

service des pauvres, des malades, des analphabètes, des jeunes, des personnes âgées, des handicapés», dont certaines sont elles-mêmes engagées dans

les médias pour «porter la Bonne Nouvelle aux pauvres». (apic/cip/mp)

24 janvier 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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