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Rome: Le Vatican souhaitait-il s’agrandir en 1944? (030196)
Rome, 3janvier(APIC) Le Vatican aurait planifié en 1944 un aggrandissement de son territoire. C’est du moins ce qu’affirment le «Corriere della
Sera» et la «Reppublica» sur la base d’archives «inédites» du ministère des
Affaires étrangères. Ce prétendu «scoop» n’a rien d’inédit dénonce de son
côté «L’Avvenire».
Le gouvernement Badoglio, arrivé au pouvoir après la chute de Mussolini
en 1943, aurait envisagé en effet d’offrir des avantages matériels au
Saint-Siège en échange de son intervention auprès des alliés pour intégrer
l’Italie dans le plan «Marshall».
L’expansion prévue devait permettre au Vatican la construction d’un aéroport et lui donner un accès à la mer. La piste d’aviation aurait pu se
situer à proximité immédiate du Vatican, dans le parc de la Villa Pamphili.
Quant au débouché sur la mer, il aurait pu se faire grâce à un couloir menant de la Place St-Pierre à la mer Tyrrhénienne, à la hauteur de Fiumincino.
Le pape Pie XII souhaitait-il ces agrandissements? Il n’en a en tout cas
jamais exprimé la demande, affirme de son côté «L’Avvenire». Le quotidien
de la Conférence épiscopale italienne s’attache à démonter ce «scoop». Selon lui une recherche d’archives de quelques minutes permet de démontrer
que les documents prétendus inédits ont été publiés en 1992 dans le premier
volume des 10 tomes des «Documents diplomatiques italiens».
Le premier document, en date du 30 avril 1944, est une lettre du chargé
d’affaires italien près le Saint-Siège, Francesco Babuscio Rizzo au général
Badoglio. Il parle de rumeurs «dans des cercles proches du Vatican et auxquelles tel cardinal de curie n’est pas non plus étranger». Les expériences
de la guerre suggéreraient la nécessité d’agrandir la Cité du Vatican «de
façon à comprendre un champ d’aviation et certains souhaitent même un débouché sur la mer».
Des rumeurs non confirmées
En septembre 44, le sous-secrétaire aux Affaires étrangères Visconti Venosta de confirmer à Babuscio Rizzo que le Saint-Siège aurait élaboré un
«Memorandum» à l’adresse de «puissances étrangères» portant sur quatre demandes: des garanties internationales pour les frontières de la Cité du Vatican, un port sur les côtes du Latium et un aéroport dans un lieu encore à
déterminer et enfin, un siège à la prochaine conférence de la paix.
Poutant, le 17 septembre, Babuscio Rizzo démentait lui-même les rumeurs.
Selon lui, si il y avait eu quelques pressions, elles ne venaient pas de la
Secrétairerie d’Etat ni de «personnalités proche du Vatican ou de la
Curie». Le cardinal Maglione et ses substituts, précise Rizzo, avaient
«démenti formellement quoi que ce soit de concret» dans ce sens. Le bruit
d’une modification du «statut juridique territorial du minuscule Etat
pontifical» contrariait plutôt Saint-Siège.
Le 22 septembre, le même Rizzo envoyait un «pro memoria très confidentiel» au président du Conseil et au ministre des Affaires étrangères par
interim Bonomi, et il confirmait, à la suite d’un entretien avec Mgr Montini (le futur Paul VI), qu’il «existait effectivement un courant en faveur
d’assurer l’indépendance des communications de la Cité du Vatican». Aucune
initiative n’était cependant envisagée. (apic/jmg/mp)



