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apic/Vatican/Copenhague
Le Saint-Siège soutient sans réserve le Sommet de Copenhague
Syntonie entre le programme d’action prévu par
cette Conférence et la doctrine sociale de l’Eglise catholique (280295)
Copenhague, 28février(APIC) Le Saint-Siège soutient «résolument et sans
aucune réserve» le prochain Sommet mondial pour le Développement social des
Nations Unies, qui se tiendra du 6 au 12 mars à Copenhague. La position du
Vatican à l’égard de ce nouveau Sommet contraste avec celle adoptée lors de
la Conférence du Caire, il y a moins d’une année, qui avait provoqué une
forte opposition entre le Saint-Siège et l’ONU à propos de la démographie
et de l’avortement. Autre motif de satisfaction: selon J. Navarro-Valls, il
existe une «profonde syntonie entre le programme d’action prévu par cette
Conférence et la doctrine sociale de l’Eglise».
Le Sommet de Copenhague a pour but d’élaborer des politiques statégiques
et des mesures concrètes pour promouvoir le développement social à une
échelle mondiale, en particulier la lutte contre le chômage, la pauvreté et
le manque de développement social. La délégation du Saint-Siège présente à
Copenhague dédiera une attention particulière aux questions liées au droit
des immigrés, en soutenant notamment la réunification familiale, les questions touchant l’égalité entre les femmes et les hommes, le désarmement, la
réduction des dépenses militaires… Le Saint-Siège, a-t-on précisé mardi à
Rome, appuiera les propositions visant à la réduction voire à l’annulation
de la dette pour les pays en voie de développement.
Cinq femmes composent la délégation du Saint-Siège qui comprend dix membres et un groupe d’experts. Elle est conduite par Mgr Diarmuid Martin, un
Irlandais, secrétaire du Conseil pontifical «Justice et Paix». 130 pays et
2’400 ONG seront présents à Copenhague. Le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat, représentara le Saint-Siège en qualité de chef d’Etat.
Dépasser le simple show…
C’est la première fois dans l’histoire que la communauté internationale
se réunit sur le thème du développement social, a relevé Joaquin NavarroValls, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, en présentant mardi
la position de l’Eglise catholique en vue de cette Conférence. Pour lui,
l’importance de ce Sommet est certaine, même s’il reconnaît que le risque
couru par ce genre de manifestation est, pour les Etats, «de signer un texte lors d’un show magnifique mais sans engagements concrets d’actions, ni
vérification des résultats».
Il assortit sa crainte par un constat. Les fonds officiels consacrés au
développement dans le monde ont diminué de 8% en deux ans et, contrairement
aux engagements, seuls deux pays – qu’il se refuse à nommer – attribuent
0,7% de leur produit intérieur brut pour le développement.
Sur le Sommet, Joaquin Navarro-Valls fait part de la satisfaction du
Saint-Siège, car c’est la première fois que la question du développement
est vraiment posée, alors que le document du Caire ne contenait que 7 pages
sur 130 à ce sujet. Reste, a-t-il souligné, que le Saint-Siège sait qu’il
ne suffit pas de poser le problème de la pauvreté tant ses dimensions sont
aujourd’hui immenses. Le directeur de la salle de presse avance quelques
chiffres: plus de mille millions de personnes vivent actuellement dans un
état de pauvreté absolue, et elles sont surtout concentrées dans les pays
en voie de développement. Ce sont surtout les femmes qui supportent le
poids de cette pauvreté, ce qui les place en situation d’aliénation et
d’exclusion. Autres données: sur deux milliards de personnes en âge de travailler, seules 800 millions ont un emploi stable. Selon lui, 700 millions
d’être humains meurent chaque année pour une raison directement liée à la
pauvreté. «Des poches de pauvreté existent partout. Il me s’agit pas uniquement d’une question Nord-Sud. Il existe un Nord et un Sud dans chaque
pays».
Partager le savoir-faire de l’Eglise
C’est ainsi qu’en participant à ce Sommet de Copenhague, a poursuivi J.
Navarro-Valls, l’Eglise tient aussi à partager son savoir-faire en matière
de lutte contre la pauvreté. L’Eglise catholique compte dans le monde plus
de 100’231 institutions médicales et sanitaires, 170’433 établissements
éducatifs et pas moins de 985 organisations catholiques de dimensions nationales et 20 organisations internationales de lutte contre la pauvreté.
«L’Eglise catholique est aujourd’hui l’une des premières institutions du
monde dans le domaine de l’instruction, de l’assistance sociale et de la
lutte pour éliminer les causes de la pauvreté. Aussi, la délégation du
Saint-Siège apportera avec elle à Copenhague cette incomparable expérience
séculaire de l’Eglise catholique sur les cinq continents».
Autre motif de satisfaction, aux yeux de l’Eglise, il existe une «profonde syntonie» entre le programme d’action prévu par cette Conférence et
la doctrine sociale de l’Eglise. Le document reconnaît en effet «le rôle
central de la famille comme unité de base de la société».
Les observateurs notent que la position du Saint-Siège en vue de Copenhague ne fait aucunement état de la question de la réduction de la démographie et encore moins du concept de «santé de la reproduction» (reproductiv
health), sur lequel le Saint-Siège, avec 60 autres Etats, avait émis des
réserves. Pour J. Navarro-Valls, cette question, qui retient l’attention du
Saint-Siège, ne constitue pas pour autant le «noeud du problème à Copenhague». (apic/jmg/pr)




