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Rome: le Vatican pas favorable à un retour du président Aristide? (210994)
Sérieuses réserves, murmure-t-on en coulisses
Rome, 21septembre(APIC) Si les événements passés et en cours à Haïti
n’ont pas suscité de réaction officielle du Vatican, le «Corriere della Sera», le plus grand quotidien italien, livre dans son édition de jeudi à paraître une enquête du journaliste Luigi Accattoli, bien connu dans le milieu des journalistes spécialisés du Vatican. Il en ressort que le SaintSiège émet de sérieuses réserves sur un retour du président élu Aristide,
qui ne serait pas, dit-on, la meilleure solution.
Le Vatican, écrit L. Accattoli, est satisfait de l’accord qui a évité
l’invasion d’Haïti. Il ne porte pas de jugement sur son contenu qui paraît
peu clair et craint qu’une application pacifique ne soit pas vraiment possible. De fortes réserves sont en outre exprimées sur l’occupation militaire, qui s’est pourtant réalisée dans la perspective du retour du président
Aristide.
Le quotidien milanais rappelle que le pape avait souhaité le 17 août
dernier que «le dialogue l’emporte» dans la négociation en cours, et estime
dès lors que «la satisfaction du Vatican vient du fait qu’un acte de force
a été évité». Selon la même source, le Vatican avait fait connaître son opposition à l’invasion à plusieurs reprises, estimant que toutes les voies
de solutions alternatives n’avaient pas été épuisées. Une invasion aurait
en tout cas été jugée «intolérable».
Le «Corriere della Sera» rappelle que l’occupation de Panama en 1989
n’avait pas été appréciée par le Vatican. S’agissant du président Aristide,
le journal milanais souligne que le Saint-Siège adopte une position similaire à celle de l’épiscopat local, pour qui «le mouvement qui l’a élu en
1990 n’est plus aussi fort aujourd’hui. Un retour d’Aristide à la présidence ne s’avère pas être la meilleure des solutions, fait-on remarquer.
Et L. Accattoli de s’interroger: «Ces réserves du Vatican ne viennentelles pas du fait qu’Aristide est un prêtre partisan de la théologie de la
libération, un ancien salésien chassé de sa famille religieuse et suspendu
’a divinis’ à cause de sa participation à la vie politique décidée sans
l’avis de l’autorité ecclésiastique?» Au Vatican, assure-t-il, «on nie que
la position adoptée soit motivée par des raisons internes», avec cette citation d’une personnalité du Saint-Siège dont le nom n’est pas livré: «Nous
n’avons rien contre le retour d’Aristide, ce sont aux citoyens d’Haïti d’en
décider. Sa position canonique, c’est une autre question qui doit être
clairement distinguée». (apic/jmg/pr)



