Rome: Le pape a nommé le premier nonce apostolique en Israël (280694)
apic/Vatican/Israël/ambassadeur
La normalisation des relations entre le Vatican et Israël est achevée
Rome, 28juin(APIC) Le pape Jean Paul II a nommé mardi 28 juin le premier
nonce apostolique en Israël, tout juste deux semaines après avoir, pour la
première fois dans l’histoire, établi des relations diplomatiques complètes
avec l’Etat hébreu. Comme l’on s’y attendait de part et d’autre, le nouveau
nonce est Mgr Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, délégué apostolique à
Jérusalem et en Palestine, qui avait été nommé en janvier dernier «représentant spécial» du Saint-Siège en Israël
Le nonce apostolique aura son siège dans le monastère franciscain de StPierre, dans la vieille-ville de Jaffa, dans l’agglomération de Tel-Aviv, a
annoncé mardi la salle de presse du Saint-Siège. La nouvelle nonciature ne
se trouvera donc pas à Jérusalem comme souhaité par Israël, la question du
statut de la Ville Sainte restant toujours ouverte pour le Saint-Siège.
Le nonce sera en même temps délégué apostolique en Jordanie et à Jérusalem. Façon élégante, dit-on, d’éluder la question de la résidence du nonce
à Jérusalem. Rappelons que dans «l’accord fondamental» de décembre dernier,
la question de Jérusalem et des autres Lieux saints n’est pas mentionnée
explicitement, car elle a une dimension internationale et multilatérale qui
dépasse forcément le cadre d’une entente bilatérale.
La nomination de l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège n’a pas encore été rendue publique. L’Etat hébreu désignera probablement l’ambassadeur Shmuel Hadas, qui le représente déjà au Vatican depuis le début de
l’année. Le diplomate israélien devrait être le premier ambassadeur officiel au Vatican dans l’histoire des relations diplomatiques entre les deux
pays.
L’échange des ambassadeurs achève la normalisation des relations entre
les deux Etats commencée en été 1992 et scellée le 30 décembre dernier par
la signature d’un «accord fondemental». Cet important document, fruit de
longues négociations et du travail de la Commission bilatérale permanente
de travail instituée le 29 juillet 1992, prévoit l’échange de représentants
diplomatiques. Il crée véritablement «un contexte nouveau et encourageant»
pour les relations judéo-chrétiennes.
Au-delà des relations inter-étatiques, le rapprochement entre le SaintSiège et Israël touche au coeur des relations judéo-chrétiennes et s’inscrit dans un processus de réconciliation né après la «shoah», le génocide
nazi, et lancé par le Concile Vatican II avec sa célèbre déclaration «Nostra Aetate». Le peuple juif est enfin lavé de l’accusation de déicide et
l’Eglise catholique dénonce sans ambage toute forme de racisme et d’antisémitisme. (apic/cic/be)



