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Rome: Le P. Lamet prié de ranger sa plume de chroniqueur religieux.

Rome/Madrid, 21mai(APIC) Un jésuite espagnol, le P. Pedro Miguel Lamet,

chroniqueur religieux du quotidien madrilène «Diario 16», qui s’est signalé

récemment par ses «révélations» sur la santé de Jean-Paul II, préfère changer de rubrique plutôt que de se soumettre à la «censure» que veulent lui

imposer, selon lui, ses supérieurs jésuites, «à la demande du Vatican»,

précise-t-il. Il écrira désormais sur des questions liées au social.

A la curie générale des Jésuites à Rome, le P. de Vera, chargé des relations avec la presse, admet que les écrits du père Lamet ont «incommodé» le

Vatican, mais il ne s’agit, assure-t-il, «ni d’une punition, ni d’une censure», mais de «l’application d’une règle commune à toute la compagnie de

Jésus» qui impose à tout jésuite de soumettre à ses supérieurs ce qu’il

écrit publiquement.

Cette règle étant incompatible avec les délais rapides du journalisme,

la Compagnie de Jésus a demandé au P. Lamet de soumettre ses écrits, avant

publication, à trois confrères «de son choix», selon la Compagnie, «imposés» selon le P. Lamet.

Le Père Lamet précise que cette décision a été prise à la suite d’une

lettre que le Secrétaire d’Etat, le cardinal Angelo Sodano, a adressée au

supérieur général des jésuites, le P. Hans Peter Kolvenbach, lui demandant

d’intervenir, ce qu’il a fait par l’intermédiaire du provincial d’Espagne.

Déjà démis de ses fonctions de responsable de la revue «Vida Nueva «il y

a plusieurs années, le P. Lamet a écrit une biographie de Jean-Paul II dans

laquelle il rapporte des rumeurs qui circulent à Rome sur «le cancer du pape». La goutte d’eau qui a fait débordé le vase a été un de ses articles

publié dans «Diario 16» en mars dernier, quand le pape avait dû interrompre

ses activités suite à une «grippe intestinale», selon le Vatican. «A la Curie, ce n’est un secret pour personne, le pape souffre d’un cancer», écrivait-il. La «révélation» avait été reprise le lendemain par la presse mondiale, sur la foi de son autorité de jésuite.

Contacté lundi son domicile madrilène par l’Agence CIP à Bruxelles, le

P. Lamet a commenté: «Le droit à la vérité est antérieur au droit ecclésiastique. Je pense que cette mesure n’est pas normale…» Il déclare vouloir

s’y soumettre néanmoins. (apic/cip/pr)

21 mai 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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