Le texte contient 87 lignes (max. 75 signes), 926 mots et 6344 signes.
apic/Vatican/non à la libéralisation de la drogue/
Rome: Le Vatican dit non à la libéralisation de la drogue (210197)
Distinguer drogues «dures» et «douces» mène à l’impasse
Rome, 21janvier (APIC) «Ce qui fait la toxicomanie, ce n’est pas le produit, mais la dépendance de la personne qui en éprouve le besoin. C’est
pourquoi la distinction entre «drogues dures» et «drogues douces» conduit à
une impasse», estime le Conseil pontifical pour la famille, dans une réflexion «réaliste» publié lundi, où elle dit non à une libéralisation de la
drogue.
Le sujet de la drogue est aussi de la compétence du Conseil pontifical
pour la famille car «la toxicomanie est, en partie, la rançon de la fragilisation de la famille», diagnostique le document. Le même Conseil avait
déjà publié en 1992 un document intitulé: «Du désespoir à l’espérance, famille et toxicomanie».
Face à une «escalade des discours favorables à la légalisation», le document veut poser les «vraies questions», en premier celle de l’éducation
des jeunes: «Veut-on encore, réellement, lutter contre la drogue, ou a-t-on
déjà jeté l’éponge?» Ces quatre pages denses, en 22 points, s’appuient sur
l’expérience de familles et d’éducateurs, et sur l’analyse d’experts et de
responsables de communautés thérapeutiques. Elles demandent à l’Etat une
position «cohérente et courageuse», rappelant les paroles de Jean-Paul II
au Congrès mondial des Communautés thérapeutiques en 1984: «la drogue ne se
vainc pas par la drogue».
Une sous-classe d’être humains ?
Les conséquences, personnelles et sociales, de la libéralisation sont en
effet déjà connues, c’est la dégradation des jeunes. «Est-il acceptable,
insiste le document, de créer une sous-classe d’êtres humains vivant à un
niveau sub-humain, comme cela se voit, malheureusement, dans les villes où
la drogue est en vente libre?»
Les sensations agréables, les effets euphorisants, anxiolytiques, sédatifs, stimulants ou hallucinogènes créent en même temps des pertes de vigilance et une altération du sens des réalités. Avec pour conséquences l’isolement, l’addiction, l’escalade dans la puissance des produits employés et
finalement la dépendance: «la vie est réduite à la recherche et à la consommation de la drogue».
Si les effets varient d’une drogue à l’autre, on ne saurait pourtant, du
strict point de vue pharmacologique, maintenir la distinction entre une
classe de drogues «dures» et de drogues «douces», souligne le document, car
la plupart des drogues jouent sur les mêmes mécanismes intracérébraux. La
quantité, le mode d’absorption, les associations de produits sont déterminants. De plus, de nouvelles drogues sont sans cesse mises en circulation,
et bien des substances non classifiées comme «drogues» produisent aussi une
«toxicodépendance».
Un mal-être, une «maladie de l’esprit»
Le problème se pose donc en termes autres que biochimiques: «La toxicomanie ne se joue pas dans la drogue mais dans ce qui amène un individu à se
droguer». Le problème réside dans un «mal-être» profond, une «maladie de
l’esprit» qui y conduit. Or la toxicodépendance est devenu une phénomène de
masse qui touche surtout les jeunes, «de plus en plus jeunes» et qui appellent à l’aide. «Derrière ces phénomènes, il y a un appel à l’aide de l’individu seul avec sa vie; il y a un désir non seulement de valorisation mais
aussi d’amour.»
A la racine, il y a donc un problème d’éducation, «ou plutôt d’absence
d’éducation». Sans la possibilité de s’appuyer sur des adultes, le jeune,
trop tôt renvoyé à lui même, est fragilisé. De fait, le jeune tenté par la
drogue a souvent une personnalité fragile, immature, peu structurée, explique le document. Il lui manque l’environnement qui lui permettrait «de se
construire, de devenir davantage maître de lui et de répondre aux interrogations essentielles qu’il se pose sur le sens de sa vie».
La volonté éducative des parents est elle-même dévalorisée par les idées
qui circulent dans la société. Alors qu’ils ne veulent pas que leurs enfants se droguent, «l’agora médiatique donne voix à qui milite pour légaliser la vente et l’usage de ces substances». On finirait pas croire que se
droguer n’est plus un mal. Il faut au contraire reconnaître que «la drogue,
qu’elle soit acquise illégalement ou distribuée par l’Etat, est toujours
destructrice de l’homme», affirme le Conseil pontifical.
Ainsi, la légalisation engendre des effets inverses à ceux escomptés. On
se trouve en flagrante contradiction: comment reconnaître un comportement
comme «normal» et en même temps faire face à l’éducation nécessaire pour
prévenir la consommation juvénile de drogue? «Le comportement qui mène à la
toxicomanie, souligne le document, n’a aucune chance de se corriger si les
produits qui renforcent ce comportement sont en vente libre.»
Un coût social énorme
Pour le Conseil pour la Famille, le coût social à prévoir est énorme:
vies brisées, familles détruites, criminalité, maladies, accidents, difficultés d’emploi. Et le document rappelle que l’Etat doit d’abord veiller au
bien commun, et donc «protéger la cellule vitale et primordiale de la société qu’est la famille, ses droits, sa stabilité, son unité», la toxicomanie étant, en partie, «la rançon de la fragilisation de la famille, de la
rupture des foyers».
L’Etat doit aussi protéger qui est plus faible et plus démuni. C’est
pourquoi le document demande aux Etats une position «cohérente et courageuse». On ne peut se contenter de chercher à limiter les dégâts, tout en admettant la drogue comme un fait de civilisation. La vraie prévention, conclut le document, c’est «une culture de la vie».
Enfin, loin d’abandonner les personnes déjà dépendantes, le Conseil pontifical pour la Famille insiste sur les possibilités de récupération et de
libération de la drogue. Il rappelle le succès de méthodes basées sur
l’amour, l’accueil, la valorisation, l’éducation à la liberté, qui «excluent rigoureusement toute concession de drogue». (apic/imed/mp)



