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Rome: Présentation de l’encyclique «Evangelium vitae» (300395)
«Pourquoi dogmatiser l’évidence?» s’interroge le cardinal Ratzinger
Rome, 30mars(APIC) Inutile de dogmatiser l’évidence: c’est en quelque
sorte l’explication donnée par le cardinal Ratzinger à l’absence dans la
nouvelle encyclique du pape de toute mention de l’infaillibilité pontificale.
«Il est exact que nous avons étudié, dans l’une des versions de l’encyclique, la possibilité d’inclure le mot «infailliblement» dans la formule
de condamnation. Les experts ont cependant avancé que jamais une formule de
dogmatisation ne déclare en elle-même son infaillibilité», a déclaré le
préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Le cardinal a reconnu
la «difficulté» de la mise au point de cette encyclique, dans laquelle sont
nettement condamnés l’homicide, l’avortement et l’euthanasie.
Quel est le degré d’»autorité» de la prise de position de Jean-Paul II?
«L’attribut de l’infaillibilité vient de la structure de document et de son
contenu, a expliqué le cardinal Ratzinger. «Dans le cas présent, nous avons
affaire à la structure la plus haute quant à l’exigence d’assentiment, car
l’Ecriture, la Tradition, le Magistère, l’unanimité des évêques et le sens
des fidèles s’accordent tous sur ce point. Ainsi le pape emploie-t-il la
formule la plus grave et parle-t-il avec l’autorité concédée par le Christ
à Pierre et à ses successeurs.»
«La structure même de la déclaration, a poursuivi le cardinal, laisse
apparaître immédiatement qu’il s’agit d’une vérité de la Révélation, d’une
vérité de foi. Le pape ne fait pas un acte formel de dogmatisation, mais de
confirmation, car l’évidence de l’Ecriture et de la Tradition est telle
qu’il serait quasiment absurde de dogmatiser quelque chose qui appartient
au contenu évident de tout le message chrétien et qui répond aussi à la
raison et aux évidences de tous les humanismes. Le pape ne définit pas un
dogme, il confirme que cela fait partie de la foi transmise par l’Ecriture
et la Tradition.»
Quelques «nouveautés»
La conférence de presse a été l’occasion de cerner, les principales nouveautés du document. Parmi celles-ci, l’»attitude de miséricorde» à l’égard
des femmes qui ont avorté, si elle n’a pas été considérée comme une véritable nouveauté par les cardinaux présents, est néanmoins revenue plusieurs
fois avec insistance dans leurs interventions.
La «première» nouveauté, estime le cardinal Lopez Trujillo, le président
du Conseil pontifical pour la Famille, c’est plutôt le contexte dans lequel
cette encyclique est publiée: «une nouvelle culture et une nouvelle
politique où au moins quarante millions d’avortements sont pratiqués chaque
année dans le monde». Le pape espère dès lors susciter à propos de la vie
la même prise de conscience que suscita sur la condition ouvrière, à la fin
du siècle dernier, l’encyclique «Rerum novarum».
Une deuxième nouveauté a été soulignée par le cardinal Angelini, président du Conseil pontifical pour la pastorale des services de santé: la mention explicite des pharmaciens dans la liste des responsables potentiels de
la diffusion de la «culture de mort» et la conséquence que doivent en tirer
les catholiques qui exercent cette profession: «Ils doivent refuser de vendre des contraceptifs, a déclaré le cardinal, quelle que soit la loi civile
qui les oblige, car la loi de Dieu passe avant la loi de l’Etat. Ils ne
peuvent vendre ce type de produits qu’à la condition qu’une ordonnance médicale prouve qu’ils sont utilisés à des fins thérapeutiques».
Mgr Elio Sgrecchia, secrétaire du Conseil pontifical pour la Famille, a
relevé pour sa part le lien établi pour la première fois entre la contraception et l’avortement: l’encyclique montre que «la mentalité contraceptive, loin de limiter l’avortement, y conduit tout droit, et inversement» et
que «certains produits contraceptifs modernes ont en réalité une action
abortive, puisqu’ils agissent après la fécondation pour empêcher la nidification de l’oeuf».
Une quatrième nouveauté, qualifiée de «progrès doctrinal» par le cardinal Ratzinger, concerne la peine de mort, dont l’Eglise admet toujours le
principe, mais dont elle repousse encore plus loin la possibilité de la mise en pratique. Dernière nouveauté, enfin: la question de la responsabilité
des hommes politiques, dont on s’est demandé s’ils sont «complices» et donc
«excommuniés» lorsqu’ils votent des lois favorables à l’avortement ou à
l’euthanasie. Oui, «si cette complicité est effective», répond Mgr Tettamanzi, expert du Conseil pontifical pour la Famille. Si l’on veut bien comprendre, ont ajouté les cardinaux Trujillo et Ratzinger, que l’excommunication est avant tout un appel à la conversion, qu’elle a une visée «thérapeutique». (apic/jmg/mp)



