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Rome: message aux musulmans pour la fin du Ramadan (150296)

Sans pardon, pas de vraie réconciliation, dit le cardinal Arinze

Rome, 15février(APIC) «On ne tolère pas un frère, on l’aime». Tel est le

message adressé aux musulmans pour la fin du Ramadan par le cardinal Francis Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

Le cardinal rappelle que le jeûne est «un temps privilégié pour demander

pardon à Dieu pour ses péchés et être ainsi réconcilié avec lui». Il en est

de même pour les chrétiens: Dieu pardonne à l’homme qui se repent de ses

fautes, s’il pardonne à celui qui a péché contre lui. Si bien que «recevoir

le pardon de Dieu et accorder le pardon à son prochain vont de pair». Mgr

Arinze souhaite que les rapports avec les croyants du christianisme et de

l’islam aillent au-delà de la tolérance comprise comme le simple fait de

«supporter l’autre». «Car on ne tolère pas un frère, on l’aime, écrit-il».

Pour pouvoir aller beaucoup plus loin que la tolérance, c’est-à-dire

jusqu’à la réconciliation et à l’amour mutuels, nous avons, chrétiens et

musulmans, un long chemin à parcourir. Et, tout en préparant l’avenir, nous

ne pouvons ignorer ni le passé ni le présent.»

Jean-Paul II l’avait déploré devant les jeunes musulmans à Casablanca en

1985: «Nous nous sommes généralement mal compris et, quelquefois, dans le

passé, nous nous sommes opposés et même épuisés en polémiques et en guerres». Le cardinal Arinze commente: «Nous ne pouvons oublier ce passé, mais

nous devons l’assumer et le dépasser. Le temps est venu de purifier notre

mémoire des séquelles négatives du passé, si douloureuses soient-elles, et

de regarder vers l’avenir. Celui qui a offensé l’autre doit se repentir et

demander pardon. Nous devons nous pardonner mutuellement. Sans ce pardon,

une vraie réconciliation n’aura pas lieu. Sans une vraie réconciliation,

nous ne pouvons pas nous engager ensemble pour le bien de nos coréligionnaires et celui du monde entier. Musulmans et chrétiens peuvent devenir

dans le monde d’aujourd’hui un exemple de réconciliation et des instruments

de paix.»

A propos de la Bosnie et du Soudan

Mais il n’y a pas que le poids du passé. Il y aussi, constate le cardinal, le conflit en Bosnie, «faussement interprété par certains comme un cas

de confrontation islamo-chrétienne». Il y a le Soudan, où l’état des relations entre musulmans et chrétiens est l’un des éléments du conflit. Il y a

certains pays où le sort des minorités religieuses est source de tensions,

des «situations douloureuses» auxquelles le cardinal invite à «réfléchir

pour y remédier, sous le regard de Dieu».

Les rapports entre chrétiens et musulmans s’amplifient: confrontation,

simple coexistence, ou plutôt connaissance et respect mutuels, avec des

collaborations fécondes? Le cardinal Arinze le répète: cela suppose un pardon mutuel du fond du coeur, une réconciliation réelle et une volonté commune de construire un monde meilleur. «Nous nous sentons incapables d’un

tel projet, conclut-il. Nous savons que nous avons besoin de la force et de

la lumière qui viennent de Dieu pour nous guider. C’est pourquoi nous nous

adressons à Lui qui est tout-puissant et miséricordieux, lui demandant de

nous venir en aide. Il ne repousse pas la prière sincère et humble de ses

créatures.» (apic/cip/bol)

15 février 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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