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apic/Vatican/Sciences sociales/Session

Académie pontificale des Sciences Sociales:

«L’avenir du travail et le travail dans l’avenir» (180396)

Rome, 18mars(APIC) «L’avenir du travail et le travail dans l’avenir»:

c’est le thème sur lequel plancheront les 26 participants de la seconde

session plénière de l’Académie pontificale des Sciences Sociales, qui se

tiendra à Rome du mercredi 20 au samedi 23 mars. Première étape d’une démarche que l’Académie espère concrétiser dans une «Edition du Jubilé», à

publier pour l’an 2000.

Instituée par Jean-Paul II en janvier 1994, l’Académie Pontificale des

Sciences Sociales a pour tâche de promouvoir l’étude et le progrès des

sciences sociales, économiques, politiques et juridiques et d’offrir ainsi

les éléments dont l’Eglise pourra se servir pour développer sa doctrine sociale. A la seconde session plénière prendront part 26 des 30 académiciens,

venant de tous les continents, spécialisés chacun dans une ou deux des

principales sciences sociales, ainsi que quelques autres experts.

«L’avenir du travail et le travail dans l’avenir» est l’un des trois

grands thèmes que l’Académie a décidé d’aborder dans les prochaines années,

avec la démocratie et les relations entre les générations.

La session commencera par un examen de l’enseignement social de l’Eglise

catholique sur les questions relatives au travail, de son élaboration passée et des aspects qui mériteraient une approche plus approfondie. Une discussion portera ensuite sur certains traits principaux du travail à travers

le monde afin de dégager quelques hypothèses qui pourraient expliquer la

variabilité géographique de la croissance de la population active, des

structures d’emploi et des niveaux de chômage. L’hypothèse centrale est que

si le niveau de développement économique est déterminant, des facteurs culturels tels que la religion, la famille et le mode de gouvernement jouent

aussi des rôles importants. Une hypothèse plus spéciale, concernant les

pays industriels, sera discutée plus tard, celle d’un choix à faire entre

«l’égalité» et «les emplois».

La perspective géographique globale conduira à considérer la tendance

actuelle vers la mondialisation et ceux de ses traits qui entrent en conflit avec la dignité humaine, en particulier dans les pays en voie de développement. Une réponse pourrait consister, suggère l’Académie pontificale,

«en une intégration plus complète et en un mouvement vers une organisation

telle qu’un gouvernement mondial efficace et démocratique». Le problème

Nord-Sud ayant peu de chance d’être résolu par une migration massive de

main-d’oeuvre, des stratégies globales de développement doivent être étudiées. Dans de nombreuses parties du monde, on recherche aussi des formes

viables pour la transition: «Ce fait mérite l’attention de l’Académie».

En revenir au plein emploi?

D’autres questions seront abordées: Peut-on en revenir au plein emploi

et à quel type de plein emploi ? Quel est le rôle des marchés financiers

modernes ? Leur dynamisme et leur puissance ne sont-ils pas incompatibles

avec le manque fréquent de flexibilité des marchés du travail ? Si telle

est le cas, comment maîtriser cette incompatibilité ?

L’assemblée prêtera attention aux nombreux changements qui se produisent

dans les formes du travail, dans les conditions d’emploi et dans les rapports de travail, changements qui agissent sur les marches de manoeuvre de

l’action publique. Elle considérera le rôle croissant des services, et même

du travail bénévole, les effets des nouvelles méthodes de gestion des ressources humaines, l’expérience des coopératives prospères de Mondragon,

l’évolution dans l’influence des syndicats et dans la nature des législations du travail. Enfin, l’Académie aura une discussion préliminaire sur

«le problème difficile consistant à trouver de nouvelles formes d’ordonnancement, qui réconcilieraient la légitime autodétermination individuelle

avec la solidarité sociale, le rôle de direction des Etats, les effets des

technologies modernes et les avantages du système des marchés».

Un travail à suivre

Les contributions et discussions à la session soulèveront certainement

nombre de questions nouvelles et suggéreront que des études complémentaires

soient entreprises. C’est pourquoi le Conseil de l’Académie prévoit que la

session plénière qui suivra dans un an sera de nouveau entièrement consacrée au thème du travail. Grâce à ces deux sessions et à d’autres activités

non encore décidées, l’Académie espère présenter le résultat de ses premières investigations dans une «Edition du Jubilé», à publier pour l’an 2000.

L’Académie pontificale des Sciences sociales est présidée par un économiste, Edmond Malinvaud, du Collège de France. A l’image de l’Académie pontificale des Sciences, sa composition se veut sans distinction de confession religieuse. Parmi ses membres – sociologues, juristes, économistes,

historien… – figurent entre autres deux autres Français, René Rémond et

Roland Minnerath, l’abbé Michel Schooyans, professeur à l’UCL (Louvain-laNeuve), le Suisse Arthur Utz (Fribourg), trois Prix Nobel et quatre femmes,

dont l’ancien Premier ministre Polonais Hanna Suchocka. (apic/cip/pr)

18 mars 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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