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Rome: un symposium international dénonce (230596)
la dérive des législations permissives sur l’avortement =
Rome, 23mai(APIC) «Pour la première fois dans l’histoire, on cherche à
faire d’un délit un droit. La culture de mort est devenue un projet qui
jette une grande confusion au plan politique et social»: le cardinal
Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil Pontifical pour la Famille,
n’a pas mâché ses mots en introduisant jeudi à Rome un Symposium
international sur «Evangelium Vitae et le Droit»
Quelque 400 professeurs et spécialistes de près de 150 universités civiles et ecclésiastiques participent à ce rassemblement.
«C’est en vertu de ce projet, a dénoncé le cardinal, qu’on en est arrivé
à plus de 50 millions d’avortements dans le monde par an» et que le président Clinton a récemment bloqué le projet d’abolition de la loi permettant
les «avortements tardifs» (Partial Birth Abortion, technique utilisée à
partir du sixième mois de grossesse quand les techniques classiques sont
devenues inopérantes). Le cardinal Trujillo a visé aussi la politique démographique chinoise, qui «étouffe des millions d’enfants», la libéralisation
des législations sur l’avortement un peu partout dans le monde, ainsi que
«l’aggravation en France des peines prévues contre ceux qui protestent contre le développement de cette mentalité».
Comme Pilate
Un peu plus d’un an après la publication de l’encyclique, Evangelium vitae «universellement reconnue comme un manifeste historique pour la vie,
deux dicastères, les Conseils pontificaux pour la Famille et pour l’Interprétation des textes législatifs, ainsi que l’Académie pontificale pour la
Vie, «entendent proposer à nouveau les enseignements de ce document pour
vérifier les incidences qu’ils ont eues et qu’ils doivent encore avoir sur
le monde de la justice, dans les systèmes législatifs des différentes aires
culturelles, dans le domaine universitaire et de celui de l’enseignement du
droit».
Pour Mgr Julian Herranz, président du Conseil Pontifical pour l’Interprétation des textes législatifs, «ce qui compte pour les parlementaires,
les juges et les gouvernements d’aujourd’hui, qui veulent comme Pilate faire taire leur propre conscience, n’est pas la vérité objective qui assure
la rationalité de la norme, mais seulement la vérité conventionnelle, sociologique ou statistique».
Car une «saine démocratie» suppose «une vérité objective sur l’homme», a
fait valoir Mgr Herranz. Ce n’est pas seulement du Magistère de l’Eglise,
mais aussi «des autres confessions chrétiennes et des autres religions»,
malgré «les fortes pressions économiques et politiques de très puissants
lobbies», que vient l’opposition «aux législations et à la jurisprudence
permissives de l’avortement et de l’euthanasie, aux lois civiles qui libéralisent la drogue et les perversions sexuelles, permettent la manipulation
et l’utilisation des embryons humains pour des produits cosmétiques et la
manipulations des gènes».
Une nouvelle génération du droit
Mgr Elio Sgreccia, vice-président de l’Académie pour la Vie, a annoncé
«une troisième génération du droit, qui a pour objet de faire mûrir le concept même de démocratie, et qui serait constitué des droits qui naissent de
la réflexion bio-éthique et de l’éthique bio-écologique». La bioéthique ne
sera «plus seulement une discipline ni un mouvement culturel», mais «un
mouvement politique et la source d’un droit nouveau».
Roland Minnerath, professeur d’histoire du droit publique à l’Université
de Strasbourg, a parcouru l’ensemble des traditions juridiques du monde
pour constater qu’en définitive «l’évolution des normes internationales se
lisent dans les non-dits, les silences, les glissements de sens des mêmes
mots plus que dans des innovations brutales». Parfois, «l’imprécision est
une condition de la poursuite de la négociation internationale», a-t-il déclaré, mais on s’aperçoit que «l’interprétation individualiste des droits
de l’homme est impuissante à fonder une universalité éthique concrète, même
si un consensus formel devait un jour la voir sanctionner».
En tout état de cause, R. Minnerath estime que «la loi positive ne doit
pas proclamer comme un droit ce que la raison reconnaît comme un mal» et
que «la loi positive ne peut obliger à faire ce que la conscience réprouve
comme contraire à l’ordre naturel et à la raison droite».
Dernier intervenant de la matinée, Mgr Mounged El Hachem, évêque Maronite de Baalbek, a montré comment, dans le droit islamique, le respect de la
vie est perçu comme un «devoir primordial». (apic/cip/imed/mp)




