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apic/Vatican/Tchétchénie
Situation en Tchétchénie: le Saint-Siège interpelle l’OSCE
Intervention de Mgr Mario Zenari, représentant permanent (200195)
Rome, 20janvier(APIC/CIP) Le Saint-Siège interpelle l’OSCE à propos de la
situation en Tchétchénie. «Il existe dans le cadre de l’Organisation pour
la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) de nombreux mécanismes et
institutions qui devraient pouvoir jouer un rôle pacificateur», a indiqué
jeudi devant le Conseil permanent de la OSCE le représentant permanent du
Saint-Siège, Mr Mario Zenari. Apportant ainsi quelques précisions sur la
position de la délégation du Saint-Siège en relation avec la grave crise en
Tchétchénie.
En recevant le corps diplomatique le 9 janvier, Jean-Paul II avait, à
propos de la situation en Tchétchénie, rappelé que «la négociation, au besoin avec l’aide d’instances internationales, est l’unique voie possible
pour surmonter les obstacles à la concorde dans ces mosaïques ethniques,
religieuses et linguistiques de notre monde, où l’originalité de chacune
des composantes doit être respectée».
Mgr Zenari a rappelé à ce sujet que les engagements pris au sein de
l’OSCE font qu’»une remise en cause du respect de la vie, des droits et de
la liberté de la personne humaine, ainsi que des institutions démocratiques
et de l’état de droit ne peut être considérée comme une simple affaire intérieure». Chaque Etat membre de l’OSCE est concerné, a-il ajouté: Toute
violation de la dimension humaine met en péril les acquis de la Conférence
sur la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE) et maintenant de l’OSCE.
Le représentant du Saint-Siège a souligné qu’il existe dans le cadre de
l’Organisation de nombreux mécanismes et institutions qui devraient pouvoir
jouer un rôle pacificateur en aidant les parties en présence à dialoguer, à
négocier et à mettre en oeuvre le résultat. «Certes, l’usage de la force
dans le rétablissement de l’ordre public est un privilège de l’Etat, a-t-il
ajouté, mais il ne doit pas être arbitraire et il doit s’accomplir en respectant un certain nombre de principes, entre autres celui de la proportionnalité entre les moyens et la fin, et celui du droit des populations
civiles, et en particulier des personnes plus démunies, à être épargnées».
Pour l’intervenant, L’OSCE est héritière d’un ensemble de valeurs qui
doivent particulièrement être respectées dans les Etats qui regroupent des
populations aux origines ethniques, culturelles et religieuses diverses.
«Des structures de dialogue sont indispensables pour permettre le juste
équilibre entre le respect de l’identité de chacun et celui de la solidarité entre tous», a-t-il poursuivi. Les dix principes d’Helsinki sont certes
des règles de conduite entre les Etats membres de l’OSCE, «mais ils sont
également porteurs d’une richesse d’inspiration pour les Etats fédéraux et
confédéraux. Il est nécessaire de faire preuve d’imagination et d’esprit
d’ouverture pour éviter que des controverses ne dégénèrent et pour favoriser entre les populations un esprit de coopération et de solidarité».
C’est ce que n’avait pas manqué de faire la délégation du Saint-Siège
lors de la première réunion du Comité des Hauts Fonctionnaires de la OCSE.
(janvier 1991), «alors qu’apparaissaient avec plus d’évidence les premiers
signes de turbulence en Yougoslavie et en Union Soviétique».
La délégation du Saint-Siège s’est enfin fait l’écho de l’appel lancé le
16 décembre dernier par le patriarche Alexis II et par le mufti Alsabekov,
demandant «que cesse immédiatement l’effusion de sang et que les peuples
vivant en Tchétchénie restaurent la paix et la concorde». (apic/jmg/pr)



