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apic/Vatican/UNICEF

Le Vatican suspend sa contribution financière à l’UNICEF

En cause: la contraception et l’avortement (051196)

Rome, 5novembre (APIC) Le Vatican suspend sa contribution financière annuelle à l’UNICEF, qu’il accuse de soutenir des campagnes en faveur de

l’avortement et de la contraception. La décision a été annoncée le 4 novembre à New-York, au siège des Nations Unies, par Mgr Renato Martino, représentant permanent du Saint-Siège à l’ONU.

Chaque année, le Saint Siège distribue des contributions qu’il appelle

«symboliques» à différents organismes humanitaires des Nations Unies. Jusqu’ici, l’UNICEF figurait parmi eux et recevait de la part du Saint-Siège

une somme allant, selon les années, de 2’000 à 3’000 dollars. «Une reconnaissance, a expliqué Mgr Martino, que le travail et l’orientation de l’UNICEF n’étaient pas en contradiction avec l’enseignement moral et social de

l’Eglise Catholique».

Quatre motifs

En suspendant ce subside pour 1996, le chef de la délégation du SaintSiège à l’Onu fait valoir quatre raisons majeures : «Le fait que l’UNICEF

ne nous ait pas fourni les informations comptables demandées sur les fonds

que des donneurs avaient au préalable destinés à des projets spécifiques et

moralement sans ambiguïté, malgré les nombreuses demandes à ce sujet formulées par le Saint-Siège»; «La participation de l’UNICEF dans la publication

d’un manuel des Nations Unies pour la défense et la distribution de moyens

contraceptifs abortifs du lendemain (»Abortifacient post-coital contraceptives») destiné à des femmes réfugiées en situations d’urgence»; «L’évidence que l’UNICEF est engagé pour obtenir la modification de législations nationales relatives à l’avortement»; «Des rapports crédibles qui démontrent

que le personnel de l’UNICEF en différents pays distribue des contraceptifs

et donne des conseils pour leur utilisation».

Dans son intervention, Mgr Martino a précisé que cette décision a été

prise après un long dialogue avec l’UNICEF, qui a «assuré» le Saint-Siège

que l’organisme «ne promeut aucune méthode de planning familial» et «n’a

jamais été engagé dans des activités d’avortement ou liées à l’avortement».

Ces arguments n’ont pas convaincu le Saint-Siège, qui se voit «contraint

de prendre une décision aussi visible» en raison du «nouvel engagement de

l’UNICEF» décrit dans les quatre points du communiqué. Le Saint-Siège, qui

met en garde les catholiques et les donateurs habituels, appelle les pasteurs à revoir toute collaboration avec l’UNICEF, «au cas par cas», afin

d’être assuré que ses programmes «restent clairement destinés aux besoins

fondamentaux de l’enfant».

En novembre 1993, Mgr Martino et le Saint-Siège avaient déjà lancé, pour

le même motif, une mise en garde à l’UNICEF, sans toutefois suspendre la

contribution, mais en dénonçant des programmes qui contredisaient «l’enseignement moral catholique et le mandat originel de l’UNICEF».

L’aide du Saint-Siège aux organismes humanitaires de l’ONU

Pour 1996, les fonds du Vatican pour les organismes humanitaires de

l’ONU seront distribués comme suit : pour la première fois, 10’000 dollars

seront attribués au Programme Mondial pour l’Alimentation; 2’500 autres

dollars iront au Fonds pour le Développement, 2’000 dollars au Fonds pour

les handicapés et invalides, 1’000 dollars au Fonds pour les victimes de la

torture. Enfin, sur les 2’000 dollars qui étaient destinés à l’UNICEF, la

moitié ira à un fond de l’Organisation mondiale de la Santé spécialisé dans

la croissance infantile, et l’autre moitié ira au Fonds des Nations Unies

pour le Contrôle International de la Drogue. (apic/imed/pr)

5 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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