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Vietnam: Le succès des écoles tenues par les religieuses ne se dément pas

Présentes dans des domaines délaissés par le gouvernement (250196)

Hô-Chi-Minh Ville, 25janvier(APIC) Le succès des écoles tenues par les

religieuses ne se dément pas au Vietnam. En petit nombre encore, ces écoles

ont néanmoins de plus en plus la cote. Les religieuses qui les tiennent y

sont pour beaucoup. D’autant qu’en dehors de l’éducation, elles prennent

des initiatives dans des domaines délaissés par le gouvernement. Notre tour

d’horizon, en complément à l’article paru dimanche dans le service de

l’Agence APIC.

En cette année scolaire 1995-1996, il n’y a encore à Hô-Chi-Minh Ville

(ex-Saigon) que 20 établissements ayant le droit de porter le titre

officiel d’écoles maternelles fondées par le peuple (c’est-à-dire

«libres»). Cependant, le chiffre actuel marque un net progrès par rapport

aux années précédentes.

A la fin des années 1980, lorsque les religieuses de Hô-Chi-Minh Ville

ont commencé à ouvrir des écoles maternelles et des jardins d’enfants dans

les bâtiments de leurs propres maisons religieuses, les autorisations officielles furent accordées au compte-gouttes: très peu pouvaient satisfaire

aux dispositions draconiennes du règlement publié fin 1988 par le Comité

populaire municipal, énumérant les conditions pour la fondation et le

fonctionnement de ce type d’institutions.

Durant l’année scolaire 1990-1991, par exemple, sept écoles maternelles

seulement fonctionnaient légalement, alors que près de quarante autres établissements tenus par les religieuses accueillaient des jeunes enfants comme externes ou demi-pensionnaires, sans autorisation, à leurs risques et

périls. L’année suivante, il n’y avait encore que douze écoles officielles.

Reconnaissance officielle ou non, le succès de ces écoles ne se dément

pas, puisqu’elles sont aujourd’hui fréquentées, en fonction des quartiers

où elles sont situées, par des enfants issus de toutes les classes sociales. Créée par les Soeurs de la Charité dans un quartier pauvre de l’arrondissement de Binh Thanh, l’école maternelle Mang Non 13 est aujourd’hui un

établissement bien équipé, avec 180 élèves répartis dans cinq classes. Ces

trois années, l’école a reçu les félicitations des autorités.

Pas un cas unique

Elle est loin d’être un cas unique et un peu partout, à Hô-Chi-Minh Ville comme à Dalat, à Kontum ou même au Nord-Vietnam, les écoles maternelles

fondées par le peuple et tenues par les religieuses connaissent la même affluence et jouissent d’une égale renommée.

Certaines écoles, subventionnées par des associations ou des institutions nationales ou internationales, se sont efforcées de réduire au minimum les frais scolaires pour mieux être au service des familles pauvres.

Une école ouverte par les Soeurs de la Charité au début de l’année scolaire

1995-1996 dans le quartier populaire qui entoure la gare d’Hô-Chi-Minh Ville a même choisi la gratuité complète. C’est la première école entièrement

gratuite de la ville. Grâce au financement pris en charge par la Congrégation des Soeurs de St-Vincent de Paul, les 149 élèves sont accueillis comme

demi-pensionnaires dans l’école, sans que leurs familles, les plus démunies

du quartier, aient à débourser un seul dông. Ils sont pris en charge par

des institutrices maternelles et des enseignantes, toutes formées à la pédagogie et suivant régulièrement les sessions d’études organisées par les

services de l’éducation nationale de la ville.

Qu’une partie des efforts

Même si les considérations financières entrent pour une part dans les

raisons qui poussent les parents à envoyer leurs enfants dans les institutions prises en charge par les religieuses, il est certain que le facteur

le plus important est la confiance traditionnellement accordée à celles-ci

par la population vietnamienne de toutes confessions. D’autant que la plupart de leurs écoles sont dotées aujourd’hui d’un personnel dont le niveau

pédagogique n’a rien à envier aux écoles publiques. Par ailleurs, on y

initie les enfants à un certain nombre de disciplines qu’ils n’auraient pas

trouvées ailleurs, comme la musique instrumentale (piano, orgue), la danse

et autres disciplines artistiques. Les enseignants du secteur public euxmêmes constatent que les enfants qui sortent de ces écoles sont particulièrement bien préparés pour entamer le cycle primaire.

Le travail des religieuses dans les écoles maternelles ne représente

qu’une partie des efforts déployés par l’Eglise catholique dans le domaine

de l’éducation. De nombreuses autres initiatives voient le jour dans divers

secteurs aujourd’hui délaissés par l’Etat. Ainsi, des écoles se spécialisent dans l’accueil des enfants de la rue, l’éducation des handicapés,

l’apprentissage des langues, l’initiation aux techniques modernes comme

l’informatique (chez les Frères des Ecoles Chrétiennes) ou encore l’accueil

des enfants venus de province pour poursuivre leurs études en ville.

Comme les évêques en ont informé le Premier ministre lors de leur dernière assemblée, l’Eglise est aujourd’hui prête à assumer le rôle qui est

traditionnellement le sien dans ce domaine. (apic/cip/pr)

25 janvier 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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