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Tours: le pape à la rencontre des «blessés de la vie» (220996)

16e centenaire de la mort de saint Martin

De notre envoyé spécial, Jean-Marie Guénois

Tours, 22septembre (APIC) Comment le chrétien doit-il se comporter devant

les plus pauvres? Cette interrogation, Jean-Paul II l’a posée à nouveau à

Tours samedi lors d’une messe célébrée devant 80’000 personnes. Mais en

rencontrant aussi personnellement «des blessés de la vie»: chômeurs, prisonniers, prostituées, malades du sida, homosexuels et orphelins.

Les fidèles sont accourus pour voir le pape. Mais aussi célébrer le 16e

centenaire de la mort de saint Martin, qui fut évêque de Tours à partir de

l’an 371. Le pape se fait insistant: «Comment la communauté chrétienne

peut-elle proposer et défendre les valeurs évangéliques dans un monde qui

souvent les méconnaît? Sa réponse: «Ecoutez la parole que l’Eglise transmet

de la part du Seigneur, sachez la comprendre et la transmettre clairement».

Le service «Internet de l’Eglise de France

«Transmettre clairement»: Jean-Paul II donne l’exemple. Il commence sa

journée en inaugurant le service «Internet» de l’Eglise de France. Dans une

salle du couvent de La Bretèche, où il a pris ses quartiers, un ordinateur

l’attend. Soeur Catherine Cesboué, de «Chrétiens Médias», 42 ans, en civil,

lui explique comment fonctionne le système. Dans la machine, un message du

pape est prêt à partir. Jean-Paul II lit le premier paragraphe: «Je salue

spécialement les jeunes que je rencontrerai pendant les journées mondiales

de la Jeunesse à Paris en août 1997.» L’idée semble le réjouir, à voir son

large sourire. Il ajoute: «Il est naturel que l’Eglise utilise les nouvelles techniques de communication : elle a sa place dans les médias modernes.»

Mgr Joseph Duval, président de la conférence des évêques de France, se

réjouit de l’initiative, mais il reste circonspect: «Il reste à prouver que

nous rejoindrons par ce service des gens ordinaires.»

Prostituées, malades du sida, homosexuels…

Des «gens ordinaires», le pape les a rencontrés samedi après-midi dans

la basilique de Tours. Ordinaires et malheureux, ce sont les «blessés de la

vie»: chômeurs, prisonniers, prostituées, malades du sida, homosexuels,

orphelins… Le Père Guy Gilbert, le médiatique «curé des loubards», commente: «En venant voir les pauvres en direct et non pas d’abord Gaillot,

l’Abbé Pierre ou moi-même, le pape fait un signe à l’Eglise de France pour

qu’elle se mette davantage au service des plus pauvres.» Il ajoute: «Ce

qu’il y a de beau, c’est que Jean Paul II n’est plus le pape à la santé pétante. Il est abîmé dans sa chair. Il n’a même pas besoin de parler. Sa

souffrance physique est le vecteur de l’extraordinaire spiritualité qu’il

vient nous délivrer.»

L’humble évêque Martin.

En attendant, sur la base aérienne de Tours, Jean-Paul II, un peu moins

en forme que la veille à Sainte-Anne d’Auray, loue la vie de saint Martin

de Tours, vie qui est «le récit des merveilles accomplies par Dieu en lui».

Sur l’ampleur de son oeuvre, il observe: «La puissance durable de son rayonnement joua un rôle important dans la conversion du roi Clovis et dans la

vie du peuple français. Des milliers d’églises et de paroisses reçurent le

nom de Martin.» Saint Martin était, rappelle- t-il, un homme de prière, qui

recherchait toujours la simplicité: «appelé à l’épiscopat contre son gré,

il conserva le sens de l’humilité».

Mais si Saint Martin a été un apôtre admirable, il ne suffit pas de s’en

souvenir: «L’édification de l’Eglise continue. Animez vos paroisses et vos

communautés avec toute la force de l’espérance». Le pape appele ainsi chaque baptisé, à tout âge, à prendre sa part de responsabilité et de service

à cette oeuvre qui subsiste de nos jours.

Rencontre oecuménique

Avant de dire la messe, Jean-Paul II a rencontré le bureau du Conseil

d’Eglises chrétiennes de France, que coprésident, outre Mgr Duval, le pasteur Jacques Stewart, président de la Fédération protestante de France et

le métropolite Jérémie, de l’Eglise orthodoxe.

S’adressant à Jean Paul II , le pasteur Stewart insiste: «Nous croyons

beaucoup dans la recherche de l’unité. Pour nous, cette recherche est une

recherche de communion. Nous devons trouver les moyens pour offrir ensemble

le Christ au monde». Quant au métropolite Jérémie, il forme des voeux pour

ce voyage «déjà réussi» et confirme l’engagement de l’Eglise orthodoxe de

poursuivre le dialogue en vue de l’unité de l’Eglise. Le métropolite lui

adresse enfin une prière: «Que Dieu vous donne vie et santé pour veiller

sur l’ensemble du peuple de Dieu.» (apic/jmg/ba)

22 septembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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