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apic/WCRP/ouverture Conférence/ Jean Paul II
Vatican: Ouverture de la Conférence (031194)
Mondiale des Religions pour la Paix
Le pape reçoit les leaders des grandes religions mondiales
La violence contredit l’essence véritable de la religion
Vatican, 3novembre(APIC) «La violence sous toutes ses formes ne s’oppose
pas seulement au respect que nous devons avoir pour tout être humain, mais
contredit aussi l’essence véritable de la religion», a déclaré jeudi le pape Jean Paul II. Il recevait dans l’aula du Synode au Vatican les quelque
900 délégués de 65 pays des cinq continents représentant les grandes religions pour l’ouverture des travaux de la 6e assemblée mondiale de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix (WCRP).
La Conférence, qui réunit des hautes personnalités catholiques, anglicanes, protestantes, bouddhistes, hindouistes, shintoïstes, musulmanes et
juives sur le thème «Guérir le monde: les religions pour la paix», poursuit
ses travaux jusqu’au 11 novembre à Riva del Garda, au Nord de l’Italie.
La Conférence Mondiale des Religions pour la Paix (WRCP) rassemble des
représentants de toutes les grandes religions du monde. Les cardinaux Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, et
Martini, archevêque de Milan, représentent les catholiques. L’Eglise anglicane est représentée par l’archevêque sud-africain Desmond Tutu et le Conseil oecuménique des Eglises (COE) par son secrétaire général Konrad Raiser. Muhammed Al-Harkan, président de la Ligue islamique mondiale, représente les musulmans, les rabbins David Rosen et Elio Toaff la communauté
juive.
Réaliser la paix mondiale à travers la coopération interreligieuse
En présentant les travaux, le bouddhiste japonais Nikkyo Niwano, fondateur du mouvement Risho Kosei-kai, président honoraire de la Conférence,
dont il est le fondateur, a dit sa grande émotion de prendre la parole dans
l’aula synodale au Vatican où, a-t-il rappelé, il y a 29 ans, en 1965, il a
eu l’occasion de participer à la quatrième session du Concile Vatican II et
d’entendre Paul VI parler dans une homélie de «l’amour de Dieu à travers
l’amitié et au service du monde».
«Je n’oublierai jamais ce jour là», dit-il. A une époque où l’on voyait
encore dans les autres religions de simples superstitions, Paul VI avait
dit que «les membres des autres religions doivent être traités avec respect, amour et espérance». «J’étais abasourdi, a avoué Nikkyo Niwano, et à
partir de ce moment a jailli du plus profond de mon coeur la conviction que
cette mission des différentes religions était de réaliser une paix mondiale
à travers la coopération interreligieuse.»
Ce qu’un bouddhiste japonais doit à Paul VI et à Vatican II
Nikkyo Niwano a évoqué les rencontres qu’il eut ensuite avec Paul VI au
Vatican, avec Lord Ramsey, archevêque de Canterbury et président de la
Communion anglicane, Eugene Carson Blake, secrétaire général du Conseil Oecuménique des Eglises, et d’autres leaders religieux éminents. Lors de ces
contacts, il ressentit la nécessité que tous les responsables des différentes religions s’assoient autour d’une même table afin de discuter ce qu’ils
pourraient faire pour apporter la paix dans le monde. C’est ainsi que naquit la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix (WCRP).
29 ans après le Concile Vatican II et 24 ans après la première Conférence mondiale des Religions pour la Paix, tenue à Kyoto, le bouddhiste japonais a évoqué la mémoire du rabbin Maurice Eisendrath, des protestants Dany
Greeley et Homer Jack, du cardinal John Wright. «Pour moi, ces journées
sont la réalisation d’un rêve longuement nourri, une grande joie», a
affirmé Nikkyo Niwano.
Plaidoyer de Jean-Paul II pour le dialogue entre les religions
Jean-Paul II, de son côté, a plaidé pour un dialogue d’entente mutuelle
et de paix des religions sur la base des valeurs qu’elles partagent, des
valeurs pas simplement humanitaires ou humanistes, mais qui appartient au
domaine des vérités plus profondes.
«Aujourd’hui, un tel dialogue est plus nécessaire que jamais, a déclaré
le pape. Il est vrai, alors que de vieux murs tombent, que de nouveaux se
construisent chaque fois que les vérités fondamentales et les valeurs sont
oubliées ou cachées, même parmi les peuples qui se disent religieux. A
travers un dialogue interreligieux, nous avons la possibilité de porter
témoignage à ces vérités qui sont un point de référence nécessaire pour
tout individu et pour la société: la dignité de chaque être humain et de
tout être humain quelle que soient son origine ethnique, son appartenance
religieuse ou son engagement politique».
Dans un dialogue authentique, dans le respect des différences, les
religions ne doivent pas s’abstenir d’affirmer «clairement et sans
équivoque» ce qu’elles croient être le vrai chemin de salut, a souligné
Jean-Paul II. A ce titre, la liberté religieuse, «pierre angulaire de
toutes les autres libertés», doit être respectée. «Empêcher l’autre de
professer librement sa religion reviendrait à mettre en danger sa propre
religion», a-t-il ajouté.
Le lien entre religion et paix
A propos du thème de l’assemblée – le rôle de la religion pour guérir le
monde -, le pape a évoqué les plus grandes manifestations de la souffrance
humaine: «la mauvaise utilisation des ressources naturelles, la violence et
la guerre, l’oppression et le manque de justice, le manque de respect de la
personne humaine», pour noter que toute violence, sous quelque forme que ce
soit, «ne s’oppose pas seulement au respect que nous dû à tout être humain,
mais également à l’essence véritable de la religion». «Quels que soient les
conflits du passé et même du présent, il est de notre tâche commune et de
notre devoir de faire mieux connaître le lien entre religion et paix.»
Aux responsables religieux de montrer qu’ils sont garantie de la promotion de la paix, a insisté le pape, rappelant que «la religion n’est pas et
ne doit pas devenir un prétexte de conflit, en particulier lorsque l’identité religieuse coïncide avec l’identité culturelle ou ethnique».
Famille: une tragédie contemporaine
Jean-Paul II a ensuite abordé une fois encore un thème qui lui tient
fort à coeur, celui de la famille, montrant «lien intime entre la religion
et la famille», puisque celle-ci est la première communauté chargée d’éduquer aux valeurs essentielles de la vie humaine. En l’Année internationale
de la famille, il a souligné que «la coopération entre les responsables religieux est importante en relevant et en promouvant cette institution humaine de base, particulièrement en ces temps où elle est attaquée sur beaucoup de fronts, comme si elle était quelque chose qu’on abandonne, oublie
ou remplace par d’autres forme de relations personnelles.»
Jean-Paul II a ensuite attiré l’attention sur le problème du logement,
devenu inaccessible à beaucoup, en particulier aux jeunes, sans parler,
dans certaines régions, de la destruction délibérée de l’habitat et des déplacements forcés. Pour le pape, les religions, si elles veulent la paix,
ne peuvent négliger cette «tragédie contemporaine». Il a souhaité qu’elles
se concerteront en vue de 1997, quand les Nations-Unies soulèveront la
question urgente des mouvements de population, pour aider la communauté internationale à «aborder cette question en portant une attention adéquate
aux aspects moraux et éthiques».
Avant de conclure, Jean-Paul II a rappelé que la paix est un don de Dieu
à rechercher dans la prière. Rappelant la présence de nombreux délégués
présents à la rencontre de prière que lui-même convoqua à Assise en 1986,
il a invité à prier sans cesse pour la paix «face aux tragédies actuelles
en Bosnie-Herzégovine, au Rwanda et dans beaucoup d’autres endroits de par
le monde». (apic/cip/jmg/be)



