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Croatie: L’archevêque de Zadar sollicite l’aide des Eglises de l’Ouest

Reconciliation et reconstruction sont les tâches prioritaires (211196)

Königstein, 21novembre (APIC) L’archevêque de Zadar , en Croatie, Mgr Iva

Prendja, sollicite l’aide des Eglises d’Occident pour la reconstruction de

son diocèse. En visite au siège de l’Aide à l’Eglise en Détresse, à Königstein, en Allemagne, l’archevêque nommé en février dernier définit deux tâches prioritaires pour son Eglise, la réconcilaition et la reconstruction.

Durant la guerre, la ville portuaire de Zadar, sur la côte dalmate, a

beaucoup souffert: des centaines de personnes ont été tuées, des milliers

de maisons détruites. Des milliers de gens chassés de leurs villages y ont

cherché refuge. Des 150’000 catholiques que compte le diocèse, 80’000 vivent à Zadar, qui manque d’églises et de lieux de prière.

Des 133 paroisses du diocèse, 27 ont été occupées par les Serbes pendant

la guerre et la plupart des habitants ont été expulsés. 86 églises et chapelles, 32 presbytères, 4 couvents et 9 cimetières ont été entièrement ou

partiellement détruits.

L’archevêque espère que les gens regagneront leurs villages et leurs paroisses pour aider à la reconstruction. «Quelques-uns y sont retournés, signale Mgr Prendja, mais les villages se trouvent toujours dans un état lamentable. Il est vrai que le gouvernement croate a déjà rénové quelques bâtiments, mais les églises ne font pas partie de leurs priorités.»

La situation économique en Croatie reste très difficile. 40 % de

l’industrie a été détruite, beaucoup de gens sont sans travail, les

agriculteurs attendent que leurs champs soient déminés. Le lent processus

de privatisation crée aussi des problèmes, même si Mgr Prendja a l’espoir

que l’initiative privée améliorera la situation.

Faire oeuvre de réconciliation

L’une des tâches prioritaires de l’Eglise est l’assistance aux victimes

de la guerre. A Zadar, la Caritas a aménagé un centre pastoral où sont accueillis invalides, parents des soldats tués, veuves de guerre, enfants

traumatisés, femmes victimes de viol, dont «quelque 400 ont décidé de mettre au monde l’enfant qu’elles n’ont pas désiré», souligne Mgr Prendja.

Pour l’archevêque, la formation des catéchistes est une autre priorité.

«Un poumon de l’Eglise est le sacerdoce, mais sans le deuxième poumon, les

laïcs, l’Eglise ne peut pas respirer», explique l’archevêque. Son prédécesseur a fondé à leur intention une école théologique et catéchétique. 23 catéchistes qui y ont achevé leur formation cette année seront insérés dans

la pastorale.

Il s’agira aussi d’encourager le processus de démocratisation mis à mal

par la guerre. «Beaucoup de gens souffrent toujours des vieilles maladies

causées par la mentalité communiste, constate Mgr Prendja. Ils ne savent

que faire de la liberté reconquise et ils éprouvent des difficultés à comprendre la situation politique». Mais «le plus grave, ce sont les plaies

spirituelles et psychologiques causées par la guerre». C’est pourquoi une

des tâches de l’Eglise est de contribuer à la réconciliation.

«Ce processus de réconciliation n’est pas facile, avoue l’archevêque.

Beaucoup de gens s’y opposent, car les plaies de la guerre ne sont pas encore guéries. (apic/cip/mp)

21 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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