Zaïre: la force contre la démocratie (010294)
apic/Zaïre/Ammnesty
Amnesty International rapporte sur la situation: Mobutu montré du doigt
Londres, 1erfévrier(APIC) Amnesty International lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle «exhorte les autorités zaïroises à inclure la protection des droits de l’homme dans tout accord politique au
Zaïre». L’organisation dénonce les milliers d’assassinats politiques perpétrés dans ce pays depuis 1990.
L’appel d’AI résulte de la très grave situation qui prévaut au Zaïre
depuis l’annonce des réformes faite en 1990 par le président Mobutu. «Tant
ses sympathisants que lui-même ont fermé les yeux sur les violations des
droits de l’homme ou ont permis qu’elles soient commises. Depuis cette
période, des milliers d’assassinats politiques ont eu lieu. Les forces de
sécurité se sont livrées en toute impunité aux pires violations des droits
de la personne…» Selon AI, des opposants et des journalistes ont
récemment été victimes de mauvais traitements, de tortures et d’assassinats
politiques.»
Ces constatations ressortent du dernier rapport publié par AI sur le
Zaïre, intitulé «Zaïre. Un pays qui s’effondre». Il porte essentiellement
sur les trois derniers mois de 1993. Plusieurs témoignages accablants sont
publiés à l’appui de ce nouveau rapport.
En septembre 1993, rappellent AI, les évêques zaïrois ont conclu que
«ces pillages, ces conflits ethniques, ces enlèvements et ce carnage (…)
sont des signes qui ne trompent pas. Ils attestent la folie et la mort morale de l’Etat zaïrois déchaîné contre sa propre population».
Après avoir évoqué les cas d’opposants, de journalistes et des assassinats par des soldats de six personnes lors de l’attaque de l’évêché catholique de Kananga, victimes au nombre desquelles figurait le Père Mukoma, AI
prie instamment les gouvernements de recommander à leurs représentants au
Zaïre de visiter les régions où se commettent les violations des droits de
la personne, de les condamner et de faire pression sur le président Mobutu
afin de mettre un terme à ces exactions.
L’organisation demande enfin aux Nations Unies et à l’Organisation de
l’unité africaine (OUA) de nommer des représentants officiels chargés de
surveiller la situation des droits de l’homme dans le pays et de faire des
propositions aux autorités zaïroises sur les moyens de renforcer les garanties relatives au respect des droits de la personne. (apic/com/pr)



