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apic/Zaïre/Assassinat d’un prêtre/500 personnes massacrées/Banyamulenge

Bukavu:Des centaines de civils massacrés par les «Banyamulenge»(271196)

L’abbé zaïrois Jean-Claude Buhendwa parmi les victimes

Bukavu, 27novembre (APIC) Selon diverses sources religieuses au Zaïre, les

rebelles «Banyamulenge», qui contrôlent une bonne partie du Kivu oriental,

ont commis il y a une dizaine de jours aux environs du camp de Chimanga, à

l’ouest de Bukavu, un massacre qui a coûté la vie à plusieurs centaines de

civils. Un jeune prêtre de l’archidiocèse de Bukavu, ordonné l’an dernier,

l’abbé zaïrois Jean-Claude Buhendwa, est parmi les victimes.

Vicaire de la paroisse de Buharle, il a péri au cours d’un massacre de

plusieurs centaines d’hommes – on parle de 500 hommes, qui ont été séparés

des femmes et des enfants – commis aux environs du 18 novembre par un groupe de rebelles tutsis. Selon des témoignages de Zaïrois répercutés par le

«Groupe Jérémie», une association catholique de défense des droits de

l’homme et de la «société civile» du Sud Kivu, les victimes sont des civils, réfugiés Rwandais hutus et population locale confondus.

Exécuté pour avoir protesté contre le massacre de civils désarmés

Dans un communiqué publié mercredi, Amnesty International met en cause

l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre

(AFDL). Selon Amnesty, l’abbé Jean-Claude Buhendwa, qui était présent dans

le camp de Chimanga, a d’abord été épargné, puis exécuté après avoir protesté contre le massacre délibéré de civils désarmés.

Il est très difficile de vérifier les faits à Bukavu, car les organisations humanitaires présentes dans la région n’avaient pas jusqu’à ce jour

l’autorisation de se déplacer librement. Mercredi, un porte-parole du HCR à

Genève a confirmé à l’APIC avoir connaissance de cette information, mais

étant donné les restrictions de mouvement, ne pas pouvoir la confirmer.

Jean-Victor Nkolo, un des porte-parole de l’OIM, l’Organisation Internationale des Migrations à Genève, a également reçu des informations sur ce

massacre, mais ne peut apporter de précisions. D’après une information diffusée par l’un des animateurs du «Groupe Jérémie», le religieux jésuite

Rigobert Minani Bihuzo Bin Kakuru, actuellement à Palerme, les corps des

victimes auraient été transportés par des véhicules de l’OIM et enterrés

dans des lieux cachés. J.-V. Nkolo déclare: «Nous ne pouvons ni confirmer

ni infirmer, mais cela m’étonnerait beaucoup, car nous n’avons ni chauffeurs ni véhicules dans le Sud Kivu!» Il admet que dans l’état de totale

confusion qui règne dans la région, des camions de l’OIM auraient pu être

volés ou des véhicules maquillés avec des sigles de l’OIM, mais il n’a aucune indication à ce propos.

«Officiellement», aucune hostilité contre l’Eglise catholique

Même si les rebelles «Banyamulenge» officiellement ne marquent aucune

hostilité à l’égard de l’Eglise catholique, l’assassinat de l’abbé Buhendwa

n’est peut-être pas le fruit du hasard. La version officielle qui court à

Bukavu sur l’embuscade qui a coûté la vie à l’archevêque de la ville, Mgr

Christophe Munzihirwa Mwene Ngabo le 29 octobre dernier, se veut rassurante: les «Banyamulenge» qui s’étaient emparés de la ville l’auraient tué

par méprise, car le religieux jésuite avait ignoré les consignes d’interdiction de circuler en voiture et ne portait pas sa croix pectorale.

D’autres sources ne se font pas faute de rappeler que l’archevêque de

Bukavu ne portait pas dans son coeur le régime tutsi en place à Kigali, à

qui il reprochait de mener une politique de «génocide rampant» au Rwanda.

Mgr Munzihirwa était ainsi devenu une cible toute désignée pour les nouveaux maître de Bukavu. (apic/be)

27 novembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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