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Zaïre: La catastrophe humanitaire (131296)

provoque des affrontements meurtriers

L’appel d’un jésuite zaïrois

Kinshasa, 13décembre (APIC) C’est un devoir moral d’intervenir aujourd’hui

en faveur des déplacés zaïrois à l’Est du Zaïre. Cela permettra d’organiser

le retour des réfugiés rwandais et burundais et de sécuriser les populations civiles zaïroises. Chaque jour qui passe, des centaines de morts sont

à déplorer, écrit le Père Rigobert Minani Bihuzo, jésuite, représentant du

Groupe Jérémie et du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu. Un appel lancé «aux décideurs politiques, à l’Union Européenne et aux

Nations-Unies».

«Au moment où les décideurs politiques et militaires, banalisant les appels des agences humanitaires et les souffrances des populations civiles,

se complaisent dans des discussions sur l’opportunité ou non d’intervenir

dans l’Est du Zaïre, des appels de plus en plus alarmants nous arrivent du

Kivu, signale le religieux qui réside actuellement à Palerme où il étudie.

Parmi les réfugiés et les déplacés zaïrois, les plus faibles sont déjà

morts. Des centaines de milliers d’autres continuent à errer sur les collines et dans les forêts à l’ouest de Bukavu.»

Depuis bientôt deux semaines, un certain nombre d’entre eux sortent des

forêts et bananeraies sans savoir quelle direction prendre. Ce sont presque

exclusivement des femmes et des enfants, en très mauvaise santé et affamés,

qui, «réduits à l’état animal», sont en quête d’un peu de nourriture, écrit

le Père Minani Bihuzo. Or les populations encore sur place n’ont plus rien

à partager: leurs derniers stocks de nourriture ont été soit détruits par

la guerre, soit vidés par les réfugiés et déplacés.

«Cette situation crée aujourd’hui une grande famine au Kivu et annonce

une catastrophe humanitaire dans cette région, s’inquiète le jésuite. Elle

provoque déjà dans plusieurs villages des affrontements meurtriers entre

les populations locales et les réfugiés. La situation au plan sanitaire est

aussi inquiétante. Plusieurs centres hospitaliers dans la plaine d’Uvira,

autour de Bukavu et dans le Nord Kivu, ont été fortement endommagés.»

Selon le Père Minani Bihuzo, des centaines de milliers d’autres réfugiés

se dirigent toujours plus à l’ouest (Shabunda) et d’autres vers Kisangani.

Des 400’000 habitants de Bukavu, presque la moitié est déplacée dans un

rayon de 200 km autour de Bukavu et vit dans un dénuement total. (apic/cipba)

13 décembre 1996 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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