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apic/Zaïre/Monsengwo
Zaïre: Attentat manqué contre Mgr Monsengwo? (280596)
Même plébiscité, il n’est pas candidat à la présidence!
Bruxelles, 28mai(APIC) «La Troisième République, si elle devait un jour
naître, ne sera pas bâtie sur le meurtre mais sur l’amour et le droit»:
c’est la réaction du Père Vata Diambanza, jésuite, directeur de l’agence de
presse catholique DIA à Kinshasa, suite aux rumeurs d’un attentat manqué
contre Mgr Monsengwo, archevêque de Kisangani et ancien président du Haut
Conseil de la République-Parlement de Transition.
Le P. Vata se réfère à deux articles publiés dans la presse belge (le 18
mai dans le «Standaard» et le 21 mai dans «La Libre Belgique») faisant état
d’une lettre adressée au nonce apostolique à Kinshasa par un déserteur de
l’armée zaïroise disant avoir reçu 18’000 dollars et la promesse d’un grade
supérieur pour assassiner Mgr Monsengwo. Que des «journaux réputés sérieux»
aient diffusé une telle nouvelle, en citant même des extraits de la lettre,
suggère que le document existe réellement, écrit le directeur de DIA, pour
qui, s’il s’agit d’une lettre authentique envoyée au représentant du SaintSiège à Kinshasa, ce document devrait circuler en plusieurs exemplaires à
travers le monde. Pour le P. Vata, «cela ne correspond à la manière d’agir
ni du Vatican, ni du nonce apostolique».
Si la nouvelle du «complot» est fausse, écrit le jésuite, le cas est
grave, car «cela manifesterait la volonté de l’auteur ou des auteurs d’une
telle supercherie de semer la confusion dans les esprits à l’approche de la
tenue des élections au Zaïre, en voulant à tout prix présenter l’archevêque
de Kisangani comme un rival virtuel du président Mobutu»; si la lettre dit
vrai, ce serait «beaucoup plus grave encore», car «ce document dévoilerait
les intentions cachées de ceux qui, tapis dans l’ombre, commanditeraient
l’assassinat politique le plus odieux jamais perpétré au Zaïre: l’élimination physique d’un homme d’Eglise dont le seul péché est d’avoir incarné
l’espoir de renaissance de tout un peuple en quête de liberté et de changement véritable».
Un retour de 30 ans
Mgr Monsengwo, «un homme d’une stature exceptionnelle» qui, bien qu’il
ait clairement dit n’avoir aucune intention de briguer un mandat politique,
«ne rassure pas ceux dont il a toujours été la mauvaise conscience, ceux
pour qui il a toujours été un épouvantail et qui ont juré sa perte», constate le P. Vata. Un homme que l’on disait «politiquement fini», mais qui
«inquiète encore», que l’on disait «vomi par le peuple», mais qui est «de
plus en plus plébiscité par la rumeur publique».
«Qu’on se rassure! Il n’est pas candidat à la présidence de la république», assure le directeur de DIA, avant de conclure: «Peu importe la main
qui est derrière toute cette machination, elle est animée d’une intention
foncièrement criminelle et voudrait nous ramener trente ans en arrière.
(apic/cip/pr)



