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Zurich: les Eglises sauvent leur tête (240995)
Le peuple dit un «non» clair à la séparation Eglises-Etat
Zurich, 24septembre(APIC) Le peuple zurichois a dit un ’non’ clair dimanche à la séparation Eglises-Etat. L’initiative lancée par la droite libérale et conservatrice a été rejetée par les électeurs zurichois dans une proportion de près de deux contre un. Du côté des Eglises, le soulagement prime. La crainte de se voir réduire au rang de simples associations, et privées ainsi des trois quarts de leurs ressources était bien réelle sur les
bords de la Limmat.
Le ’non’ l’emporte par 193’822 suffrages (64,76%) contre 105’452 ’oui’,
(35,24%) des voix. La participation avec seulement 14,19% de votants est
restée très basse. Le soutien apporté par le peuple zurichois aux trois
Eglises nationales: protestante, catholique-romaine et catholique chrétienne est ainsi réaffirmé. Si les Eglises peuvent célébrer cette reconnaisance
formelle de leur place dans la société, elles devront néanmoins s’atteler à
de sérieuses réformes pour mieux correspondre à l’esprit de pauvreté évangélique, jugent les observateurs.
Les électeurs zurichois ont clairement désavoué les milieux qui estimaient que les Eglises se mêlaient trop d’action sociale et de politique au
détriment de l’annonce de l’Evangile et du soin des âmes. L’argument
d’Eglises riches, endormies dans leurs privilèges n’a pas été suffisant non
plus pour mettre fin à la tradition des liens entre les Eglises et l’Etat
dans le canton du réformateur Zwingli.
Les catholiques ont un autre sujet de satisfaction. Le maintien des
structures actuelles leur permet en effet de garder une certaine distance
par rapport à l’évêque de Coire, Mgr Wolfgang Haas.
Engagement en faveur des réformes
Pour René Zihlmann, président de la Commission centrale catholique-romaine (exécutif), la tendance ultra-libérale n’a heureusement pas obtenu le
succès escompté. L’Eglise catholique va analyser le résultat et s’engager
en faveur de réformes. La première mesure pourrait être l’introduction du
droit de vote des étrangers en matière ecclésiastique. On parle aussi d’une
modification de l’impôt sur les personnes morales (entreprises) et de la
reconnaissance comme collectivités de droit public d’autres confessions religieuses. Des signes seront donnés cette année encore, dit René Zilhmann.
Des contacts ont été pris dans ce sens avec les juifs et les luthériens.
Ruedi Reich, président de l’Eglise évangélique réformée, relève de son
côté que ce vote signifie à la fois une reconnaissance des Eglises nationales et une volonté d’ouverture oecuménique. La Communauté des Eglises chrétiennes de Zurich s’en trouve renforcée. Ruedi Reich rappelle à ce propos
que les méthodistes et les baptistes s’étaient eux aussi prononcés contre
l’initiative. Les protestants vont tenir compte des reproches formulés lors
de la campagne, ajoute-t-il. Les Eglises devront être plus proches des gens
et plus populaires. L’engagement social devra encore être renforcé, même si
cela suscite l’opposition de certains milieux. La critique constructive est
bonne pour les Eglises , conclut-il. (apic/mp)




