Appartenir à un parti raciste, «incompatible» avec la foi chrétienne
Londres: L’Eglise d’Angleterre favorable à l’interdiction faite au clergé d’appartenir au BNP
Londres, 9 février 2011 (Apic) L’Eglise d’Angleterre est favorable à une interdiction pour le clergé anglican d’appartenir au parti d’extrême-droite British National Party (Parti national britannique, BNP) dirigé par Nick Griffin. Les membres du Synode général, le parlement de l’Eglise, qui a ouvert ses travaux mardi 8 février à Westminster, ont salué cette décision visant les partis dont les activités et les programmes sont contraires à l’enseignement chrétien.
Des voix se sont fait entendre, inquiètes qu’une telle mesure crée des «martyrs» de la liberté d’expression. A noter qu’en 2004 déjà, le Synode avait déclaré que voter pour un parti raciste était «incompatible» avec la foi chrétienne. Cette interdiction est «un retour au Moyen Age», a déclaré le Révérend Robert West, cité par le site internet du BNP (www.bnp.org.uk). Robert West, modérateur du Conseil chrétien de Grande-Bretagne (une organisation dissidente qu’il a fondée), est membre du BNP du Lincolnshire et il est porte-parole du parti pour les affaires religieuses.
L’Eglise d’Angleterre serait contrôlée par des «intrus venant du tiers-monde»
Le BNP dénonce le fait que cette interdiction soit appuyée par un autre «éminent envahisseur africain de l’Eglise d’Angleterre», en visant nommément l’archevêque d’York, Mgr John Sentamu. Ce parti raciste déplore que l’Eglise d’Angleterre soit désormais contrôlée par des «intrus venant du tiers-monde».
Les membres du Synode général ont voté un amendement prévoyant des mesures disciplinaires contre des membres du clergé pour appartenance à un parti politique en contradiction avec l’enseignement de l’Eglise sur l’égalité des races. Ils qualifient ainsi de conduite «malséante» et «inappropriée» le fait que des membres du clergé soient membres de ce type de partis qui ont des politiques et des activités déclarées «incompatibles» avec cet enseignement, relève le quotidien britannique «The Guardian». Les évêques anglicans devront ainsi faire une déclaration sur les partis politiques ou les organisations jugés incompatibles avec l’enseignement chrétien. Le BNP est clairement visé, mais également l’»English Defence League» (EDL), un mouvement également classé à l’extrême-droite et dont le but est de combattre l’islamisation de l’Angleterre, et plus précisément l’extrémisme musulman.
Membre du Synode général, Vasantha Gnanadoss, une femme d’origine indienne qui travaille pour la Police Métropolitaine de Londres, a été la première à appuyer cette interdiction il y a deux ans. Elle a salué l’adoption de cet amendement ainsi qu’une nouvelle déclaration des évêques sur l’égalité des races. Cela place la mission de l’Eglise de «résister au racisme» sur un sol ferme, a-t-elle laissé entendre à l’assemblée. Sur son site internet, le BNP la traite de «colonisatrice».
Mais Philip Giddings, un membre du Synode général venant de Reading, tout en «déplorant» le racisme, a mis en garde contre le risque de «créer des martyrs» qui feront encore plus de dommages «à la cause que nous cherchons à défendre, parce que nous apparaissons comme mettant en cause leur droit à la liberté d’expression, un droit de l’homme très important qui est à présent bien enraciné dans le droit britannique et européen». Notons qu’il y a deux ans, l’Eglise méthodiste, troisième plus grande dénomination d’Angleterre, avait également interdit à ses membres d’adhérer au British National Party (BNP), estimant qu’il s’agissait là d’une organisation incitant au racisme. (apic/guardian/telegraph/bbc/be)



