Appel à un changement de comportement environnemental

Soudan: Sauver «le plus grand marais» au monde

Nairobi, 17 novembre 2010 (Apic) Une organisation allemande de défense des droits de la personne soutenue par l’Eglise plaide pour sauver le marais du Sudd, l’une des plus grandes zones humides au monde, situé dans le sud du Soudan. Selon l’organisation, le site serait menacé par l’extraction pétrolière dans la région, rapporte l’agence ENI.

Klaus Stieglitz, directeur de «Sign of Hope», organisation liée à l’Eglise catholique romaine, a déclaré que son agence a des preuves d’une pollution importante due aux activités de compagnies de forage et d’extraction pétrolière. Selon lui, cette situation met également en péril la vie de milliers de personnes.

«Les compagnies pétrolières responsables sont sur le point de détruire le Sudd (*), le plus grand marais au monde, en déversant leurs déchets pratiquement sans traitement», a déclaré Klaus Stieglitz lors d’une conférence de presse à Nairobi, le 16 novembre, à l’issue d’une tournée de six jours sur les champs pétroliers de Unity, Al Nar et Toma Sud, dans le sud du Soudan. «Nous condamnons fermement ces pratiques (…) et appelons instamment les compagnies à changer leur comportement environnemental».

Affaiblissement de la capacité à nettoyer les eaux du Nil

Les activités des compagnies affaiblissent l’une des fonctions des marécages, qui est sa capacité à nettoyer les eaux du Nil qui coulent vers le nord. «Si le Sudd est détruit, met en garde Klaus Stieglitz, ce sera une catastrophe écologique». Plus de 550’000 vies sont mises en péril à cause des activités des compagnies d’extraction pétrolière, estime-t-il. En omettant de doubler le revêtement des étangs des champs pétroliers avec des bâches en plastique, le pétrole et les produits chimiques toxiques se sont infiltrés dans le sol et ont atteint la couche d’eau superficielle, importante source en eau potable pour les communautés locales.

Des mesures à prendre immédiatement

«Le gouvernement de Khartoum doit prendre des mesures immédiates pour mettre en place une supervision systématique permettant de veiller à ce que les compagnies se conforment totalement aux normes soudanaises en matière d’eau potable», a déclaré Klaus Stieglitz.

Depuis février 2008, «Sign of Hope» a mené plusieurs voyages d’évaluation dans les champs pétroliers de Thar Jath et de Mala, près de la ville de Bentiu. L’organisation affirme y avoir découvert des forages, dont l’eau qui est tirée est la principale source de contamination dans le marais.

(*) Le marais du Sudd (de l’arabe Sadd, «barrière»), situé dans le sud du Soudan, est un vaste marécage formé par le Nil Blanc et atteint plus de 51’800 km2 durant la saison des pluies. (apic/eni/fn/ggc)

17 novembre 2010 | 18:01
par webmaster@kath.ch
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