Appel à une «évangélisation plus profonde» des gouvernements africains

Rome: Un évêque tanzanien dénonce les hommes politiques qui volent leur propre pays

Rome, 13 octobre 2009 (Apic) De nombreux hommes politiques africains considèrent leur élection comme un permis de «voler leur pays», a déploré Mgr Norbert Wendelin Mtega, archevêque de Songea (Tanzanie), dans l’après-midi du 12 octobre 2009. Au cours des travaux du second Synode pour l’Afrique, au Vatican, le prélat a aussi dénoncé la complicité entre le milieu politique et la sorcellerie, qui conduit à la torture et l’assassinat de citoyens africains.

Aux yeux des hommes politiques africains, «la paix signifie une atmosphère paisible qui leur permet de voler et profiter de l’argent de leur pays», a ainsi fortement déploré Mgr Mtega.

Pour eux, les élections «libres et justes» signifient avoir réussi à «amener les personnes à voter dans la totale ignorance de leurs droits implicites», a renchéri le prélat tanzanien, accusant en outre les candidats de «manœuvres malveillantes».

«Les hommes politiques croient que le fait d’avoir été élu signifie être autorisé à voler leur pays», a-t-il conclu.

Liens entre sorcellerie et hommes politiques

Au cours de son intervention, Mgr Mtega a aussi évoqué les liens entre les hommes politiques et la sorcellerie, un phénomène très répandu en Afrique.

L’archevêque de Songea a ainsi constaté que «certains leaders conspirent aussi avec les sorciers et certains gouvernements légalisent la sorcellerie», ce qui conduit à des excès tels que la torture ou l’assassinat de citoyens en raison de «soupçons sans fondements fomentés (…) par les sorciers».

Aux yeux du prélat tanzanien, «une évangélisation plus profonde» est nécessaire pour les gouvernements africains, dont de nombreux membres «croient en la sorcellerie, la superstition et l’occultisme». (apic/imedia/cp/js)

13 octobre 2009 | 13:28
par webmaster@kath.ch
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