Québec: La prière au conseil municipal de Saguenay devant la Cour suprême du Canada

Appel aux dons pour financier les frais de justice

Montréal, 16 septembre 2014 (Apic) Le conseil municipal de Saguenay, une ville située à quelque 200 kilomètres au nord de Québec, va savoir le 14 octobre prochain s’il peut continuer à réciter une prière à l’ouverture de ses séances. La Cour suprême du Canada – le plus haut tribunal au pays – devra le déterminer. Le Mouvement laïque québécois s’était plaint en 2007 devant la justice, reprochant au maire de réciter une prière catholique au début de chaque séance du conseil de ville.

La ville de Saguenay, sur son site internet (http://ville.saguenay.ca), fait appel au soutien financier des citoyens, sous le titre «Dons pour la prière», pour financer les frais de ce procès particulier. Jean Tremblay, maire de la ville de Saguenay depuis le 18 février 2002, a présenté un mémoire défendant la place de la religion catholique dans l’espace public québécois lors des travaux de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles. Ladite Commission Bouchard-Taylor examinait les questions liées aux ‘accommodements raisonnables’ consentis sur des bases culturelles ou religieuses au Québec.

La prière ne compromettrait pas la neutralité religieuse de la Ville

Le maire Jean Tremblay est actuellement devant les tribunaux pour conserver son droit de réciter la prière lors des séances publiques du conseil de ville. Le 27 mai 2013, la Cour d’appel du Québec avait donné raison au maire Jean Tremblay en renversant une décision de février 2011 du Tribunal des droits de la personne, qui avait ordonné au maire de cesser la récitation d’une prière à l’ouverture de la séance. Il devait également retirer le crucifix et une statue du Sacré-Cœur du conseil. Par contre, la Cour d’appel a estimé que la prière ne compromettait pas la neutralité religieuse de la Ville.

La cause oppose le Mouvement laïque québécois au maire de Saguenay, qui se présente comme un catholique dévot. En novembre 2013, ce dernier a même publié un ouvrage intitulé «Croire ça change tout». Pour défendre sa cause, le maire a fait appel aux dons du public. Le «Journal de Québec» vient de révéler qu’il en coûtera près de 114’000 francs suisses pour faire valoir sa cause devant la Cour suprême. Il en aurait déjà amassé plus de 95’000 francs, rapporte la radio québécoise «Radio Ville-Marie». (apic/rvm/be)

16 septembre 2014 | 12:41
par webmaster@kath.ch
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