Afrique de l’Est: Séminaire de jeunes catholiques des pays de l’AMECEA sur les médias
Appel aux médias catholiques pour la culture de l’excellence et le respect de l’éthique
Dar-es-Salaam, 9 mai 2010 (Apic) Les représentants de la jeunesse des pays membres de l’Association des Conférences épiscopales de l’Afrique orientale (AMECEA), ont invité les médias catholiques, à cultiver l’excellence et à œuvrer pour le respect de l’éthique dans les médias, à tout moment.
Crée en 1961, l’AMECEA est composée des Conférences épiscopales nationales de l’Erythrée, de l’Ethiopie, du Malawi, du Kenya, de la Tanzanie, du Soudan, de l’Ouganda et de la Zambie. Elle compte aussi deux membres associés : les Seychelles et la Somalie.
Dans une déclaration finale en 7 points, publiée à l’issue d’un séminaire atelier de 6 jours (2-7 mai) à Dar es Salam en Tanzanie, sur le thème : «La parole et l’image au service de la justice, la paix et la réconciliation », les évêques ont rappelé que cette culture de l’excellence et le respect de la déontologie nécessitent une formation « rigoureuse » des travailleurs des médias, notamment dans l’usage des langues qui favorisent le dialogue.
Tout faire pour favoriser la paix
Dans le même texte, rapporté par le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), ils ont estimé que l’usage de ces langues doit avoir pour objectif, la possibilité de négociation et de réconciliation entre des parties opposées, en cas de conflit. A ce sujet, ont-ils souligné, les médias doivent favoriser la paix, et s’efforcer, avec subtilité et parfois même par le silence ou la contrainte, lorsqu’ils doivent condamner des adversaires ou des ennemis, car cela risquerait d’être vu comme un parti pris par l’un ou l’autre des deux belligérants.
Selon les jeunes catholiques, les pays membres de l’AMECEA sont pacifiques, de manière générale. Cependant, ils sont exposés à des causes potentielles de conflit, telles que la pauvreté, les contestations électorales, le problème du VIH sida, la mauvaise gouvernance, le fanatisme, l’intolérance religieuse, les partis pris des médias, les différends fonciers, les problèmes relatifs à l’environnement. Autant de préoccupations qui peuvent mener à «une confrontation violente».
Le jeunes catholiques s’engagent
Dans cette perspective, ils se sont engagés à ne pas rester « silencieux », exprimant aussi leur détermination à « assurer le leadership », en agissant de façon proactive face à des conflits potentiels et en temps opportun, dans le cadre du conflit.
Ils ont, en outre, exhorté les médias catholiques en Afrique, à innover en vue de promouvoir les droits de l’homme et la dignité humaine, par la production de contenus médiatiques qui promeut la justice, la paix et la réconciliation.
Ils ont, en outre, estimé que les médias catholiques devraient continuer à sensibiliser les jeunes aux dangers de toute forme de violence, à plaider en faveur de la promotion «du journalisme de la paix», à servir de fer de lance aux campagnes multi-médias (presse écrite et électronique) de diffusion des messages de tolérance et de réconciliation, en particulier à des moments critiques comme, par exemple, durant les campagnes électorales.
Ils ont aussi lancé un appel aux dirigeants et hommes politiques d’Afrique, à travailler ensemble afin de diminuer toute forme de conflits et de violence dans leurs pays, et entre les communautés.
Rejet de la corruption
Ils ont dénoncé la corruption et ses méfaits, tout en notant que ce phénomène a atteint « des niveaux endémiques » dans tous les secteurs de la vie, à travers les pays membres de l’AMECEA. Ce fléau social a des conséquences néfastes sur tous les aspects de la vie nationale, créé des inégalités dans la société, et empêche aux nations de se construire. Pour ce faire, ils ont invité les citoyens des pays de l’AMECEA, à lutter de toutes leurs forces, pour éradiquer la corruption.
Les jeunes catholiques ont enfin déploré l’absence à leur rencontre, de jeunes de l’Erythrée dont la délégation n’a pas été autorisée par le gouvernement local, à participer au séminaire de Dar es Salam, en application de lois « restrictives sur le voyage », imposées par le régime. Ils se sont déclarés « solidaires » de ces jeunes.
Dans un message au séminaire, Mgr Paul Tighe, secrétaire du Conseil pontifical pour les communications sociales, a rappelé, aux jeunes catholiques de l’AMECEA, que la communication « n’est pas seulement destinée à transmettre des informations simples, mais qu’elle permet aussi d’établir une relation ».
Il a mis l’accent sur la nécessité de l’utilisation « des mots et des images » pour établir le faire comprendre « le sens commun de l’humanité et de la solidarité » à tous les citoyens. «Nous devons réfléchir à l’utilisation de l’image dans notre monde et dans celui des autres», a-t-il fait observer.
Selon lui, tous les conflits ont pour base, la mauvaise utilisation des médias. De ce fait, il les invité également « à se démarquer des stéréotypes » dans le domaine numérique, mais plutôt à aller à la recherche des traditions et des valeurs de chacun, et des autres. « Cela se fait avec une écoute respectueuse », a-t-il dit, relevant que cette démarche mènera « à une authentique et mutuelle recherche de la vérité qui va nourrir et accroître à son tour la compréhension et la tolérance ».
Pour sa part, le secrétaire général de l’AMECEA, Pius Rutechura, a exhorté la jeunesse, les aumôniers et les communicateurs des pays de l’AMECEA, à concentrer leurs efforts dans le traitement de texte et de l’image, comme instruments de réconciliation, de justice et de paix. (apic/ibc/js)



