Rome: Un groupe de travail sur la Syrie réuni au Vatican demande un cessez-le-feu immédiat
Appel aux puissances étrangères à cesser les livraisons d’armes
Rome, 14 janvier 2014 (Apic) Un groupe d’experts et de diplomates réunis au Vatican le 13 janvier 2014 demande un «cessez-le-feu immédiat» en Syrie, sans conditions politiques préalables, pour l’établissement d’une paix durable dans le pays. Les participants aux travaux appellent les puissances étrangères à cesser le commerce et l’acheminement des armes. Ils estiment que la conférence de ›Genève 2’ sur la Syrie, le 22 janvier prochain, doit réunir toutes les parties en conflit.
«La conférence de Genève permettra au peuple syrien, à la région et au monde entier de concevoir un nouveau départ pour mettre fin à la violence», relèvent les experts et diplomates internationaux réunis à huis clos à l’Académie pontificale des sciences. Ils précisent que leurs conclusions sont publiées en vue de la conférence et à l’intention du pape François.
«L’horreur de la violence et de la mort en Syrie ont conduit le monde à une nouvelle réflexion et donc à une nouvelle possibilité de paix», soulignent les participants.
La fin immédiate des violences
Selon les experts, la démarche la plus urgente est un cessez-le-feu immédiat et la fin de toutes formes de violences, sans conditions politiques préalables. Dans le même temps, les puissances étrangères sont appelées à cesser immédiatement le transfert et le financement de l’armement des parties en présence.
Les participants à la journée de travail demandent que la fin des combats soit accompagnée du lancement immédiat de l’assistance humanitaire et de la reconstruction. Les conclusions des travaux abordent également le sort des réfugiés et les menaces qui pèsent sur eux. Ils évoquent aussi l’importance de l’attention envers les jeunes et les pauvres, l’état de l’économie syrienne, et la nécessité du dialogue entre communautés.
La note conclusive de la journée de travail en appelle à un «soutien financier et humain mondial» pour la reconstruction de la Syrie, avant même que soient résolues toutes les questions politiques et sociales. La résolution des conflits régionaux est également considérée comme une condition de la paix durable en Syrie.
La participation de tous
La conférence du 22 janvier doit garantir la participation de toutes les parties en conflit, à l’intérieur de la région comme à l’extérieur, explique la note. Et de citer, à titre d’exemple, le récent accord entre l’Iran et les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question nucléaire.
Les travaux menés au Vatican ont aussi mis en avant la nécessité d’une transformation politique ainsi que de l’émergence de nouvelles formes politiques pour garantir à tous les groupes sociaux la représentation, la participation, la réforme, la liberté d’expression et la sécurité.
Parmi les intervenants figuraient l’ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, l’ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Egyptien Mohamed ElBaradei, ou encore le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
L’observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, à Genève, Mgr Silvano Tomasi, a assisté aux travaux, tout comme l’ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi.
Parmi les observateurs figuraient aussi Bruno Joubert et Pierre Morel, respectivement ambassadeur et ancien ambassadeur de France auprès du Saint-Siège. (apic/imedia/ami/rz)



