Appel des présidents du PDC, PLR, PS, PBD, Verts, Verts-Libéraux, PEV, PCS, PST
Suisse: Tous les partis sauf l’UDC et l’UDF disent «non» l’initiative sur les minarets
Berne, 17 novembre 2009 (Apic) Tous les partis politiques suisses sauf l’UDC et l’UDF disent un sec «non» à l’initiative sur les minarets. Cette initiative populaire islamophobe émanant des rangs de l’UDC (Union démocratique du Centre) et de l’UDF (Union démocratique fédérale) regroupés au sein du «Comité d’Egerkingen», sera soumise au peuple suisse le 29 novembre.
Le Conseil fédéral, le Parlement, les partis démocrate-chrétien, libéral-radical, socialiste, bourgeois-démocrate, Verts, Verts-Libéraux, évangélique, chrétien-social et Parti suisse du Travail ainsi que les organisations économiques et syndicales sont unanimes à appeler à voter «non» à l’initiative sur les minarets, rappelle le PDC dans un communiqué publié ce mardi à Berne.
L’initiative viole nos valeurs fondamentales
Pour les partis signataires de la déclaration, en Suisse chacun jouit de la liberté d’expression et de croyance et de l’égalité devant la loi. «Ces valeurs sont au cœur de notre Constitution et elles font la force et la fierté de notre démocratie. L’initiative les foule au pied. La Suisse y perdrait l’image qu’elle a d’elle-même, sans rien y gagner en retour».
Ils estiment que cette initiative est inutile, le droit actuel étant suffisant. La Suisse a les moyens légaux d’éviter que tout édifice religieux (minaret ou autre) ne soit construit dans un endroit inadéquat ou n’atteigne des proportions inadaptées. Pour cela, communes et cantons s’appuient sur l’aménagement du territoire et le droit des constructions. «Il est inutile d’inscrire une interdiction générale dans la Constitution», affirment les partis politiques.
L’initiative menace la paix religieuse
Et d’affirmer que cette initiative discrimine une religion en particulier. «Sous prétexte de s’en prendre aux extrémistes elle discrimine en réalité l’immense majorité des croyants de foi islamique qui sont pacifiques et bien intégrés dans notre pays. Elle créera une tension entre religions en Suisse et menace ainsi des siècles de paix religieuse».
De plus, ils soulignent que l’initiative en question n’assure pas la sécurité. La lutte contre tous les extrémismes et fondamentalismes est une tâche essentielle de l’Etat. «Il faut veiller à ce que les lieux de culte ne servent pas à propager des idéologies violentes, extrémistes ou dangereuses pour la démocratie. L’initiative n’y contribue en rien, elle interdit seulement la construction de tours».
L’initiative est dangereuse et contre-productive
En appliquant une discrimination sur la seule foi islamique (les autres religions ne connaissent pas d’interdiction de construire particulière), l’initiative renforcera l’appel à la haine de quelques extrémistes qui appelleront à lutter contre cette discrimination, poursuivent les signataires, qui relèvent encore qu’elle casse les efforts d’intégration.
«L’histoire le montre: c’est par l’intégration qu’on assure la paix religieuse et civile et qu’on établit la sécurité. Un individu intégré s’éloigne de l’extrémisme. L’initiative va à fins contraire: elle casse les efforts d’intégration et plonge des communautés dans la clandestinité. C’est dangereux. Nous voulons que chacun s’intègre et respecte nos valeurs occidentales», peut-on lire dans l’appel à voter «non» le 29 novembre. Il est signé par Christophe Darbellay, président du Parti démocrate-chrétien PDC; Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse PSS; Fulvio Pelli, président du PLR.Les Libéraux-Radicaux; Ueli Leuenberger, président des Verts Suisses; Hans Grunder, président du Parti bourgeois-démocrate PBD; Martin Bäumle, président du Parti des Verts libéraux; Heiner Studer, président du Parti évangélique PEV; Monika Bloch Süss, présidente du Parti-chrétien social PCS; Norberto Crivelli, président du Parti suisse du Travail PST/POP. (apic/com/be)



