Rome: Message de Benoît XVI dans un contexte de violence dans le monde
Appels au respect des immigrés et en faveur des chrétiens persécutés
Rome, 10 janvier 2010 (Apic) Benoît XVI, lors de la prière de l’Angélus du 10 janvier, a lancé un appel sur «la condition des migrants» après la ›chasse’ dont ont été victimes ces derniers jours des centaines d’immigrés à Rosarno, un village de Calabre, au sud de l’Italie. Le pape a aussi fait appel à la «responsabilité» des leaders politiques et religieux après le meurtre de 6 fidèles coptes en Egypte, dans la nuit du Noël orthodoxe, le 6 janvier dernier, ainsi qu’après l’attaque de plusieurs églises en Malaisie.
Après les violentes émeutes contre des immigrés en Calabre ayant fait près de 70 blessés, le pape a invité à «repartir du cœur du problème», c’est-à-dire «du sens de la personne». «Un immigré est un être humain, différent par sa provenance, sa culture et ses traditions, a expliqué le pape, mais une personne à respecter, avec des droits et des devoirs, en particulier dans le domaine du travail où la tentation de l’exploitation est plus facile». «La violence, a ensuite affirmé le pape avec insistance, ne doit jamais être pour quiconque un moyen de résoudre les difficultés». «Le problème est avant tout humain», a encore lancé Benoît XVI avant d’inviter chacun «à regarder le visage de l’autre et à découvrir qu’il a une âme, une histoire et une vie».
En outre, le pape a souhaité lancer un appel pour «les chrétiens objets d’attaques violentes». «La violence envers les chrétiens dans certains pays, a soutenu Benoît XVI, a suscité l’indignation de beaucoup, aussi parce qu’elle s’est manifestée dans les jours les plus sacrés de la tradition chrétienne». «Il faut que les institutions, autant politiques que religieuses, a alors lancé le pape, ne renoncent pas – je le répète – à leurs responsabilités». «Il ne peut y avoir de violence au nom de Dieu», a encore affirmé Benoît XVI devant les milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre.
La fraternité n’est pas une idéologie
Par ailleurs, avant de réciter la prière de l’Angélus, Benoît XVI a soutenu que «la fraternité» ne pouvait être établie par «une idéologie» ou «par décret». Au jour de la fête liturgique du Baptême du Seigneur, Benoît XVI a ainsi expliqué que le baptême faisait de l’homme «un fils de Dieu». Du baptême, a-t-il ensuite précisé, «dérive aussi un modèle de société, celle des frères». «La fraternité ne peut être établie par le biais d’une idéologie, pas plus que par décret d’un quelconque pouvoir constitué», a alors soutenu le pape. Et d’expliquer : «on se reconnaît en tant que frères avec la conscience humble mais profonde que nous sommes les enfants de l’unique Père des cieux».
Saluant les pèlerins de langue française, le pape a en outre invité les fidèles à prendre conscience de «la splendeur» de leur baptême pour être «les serviteurs et les témoins de cette Bonne Nouvelle pour notre monde». «Que la Vierge Marie nous aide à demeurer toujours fidèles à notre baptême», a encore souhaité le pape.
Avant de prononcer la prière de l’Angélus, Benoît XVI avait baptisé 14 nouveaux-nés, fils et filles d’employés du Vatican, lors d’une messe célébrée comme chaque année dans la Chapelle Sixtine. Affirmant que le monde «avance souvent à tâtons dans les ténèbres du doute», le pape avait invité les fidèles à redécouvrir «la lumière de l’Evangile». De nos jours, avait encore affirmé Benoît XVI devant les familles des nouveaux baptisés, «la foi est un don qu’il faut redécouvrir, cultiver et dont il faut témoigner». (apic/imedia/ami/bb)



