Rome : Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi remet 'remet les pendules à l'heure' sur les divorcés remariés
Approfondir la question avec sérénité
Rome, 22 octobre 2013 (Apic) Dans un long article publié par L’Osservatore Romano le 22 octobre 2013, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Gerhard Ludwig Müller, ‘remet les pendules à l’heure’ et rappelle l’indissolubilité du mariage et l’impossibilité pour les personnes divorcées remariées d’accéder aux sacrements. Dans le même temps, le préfet encourage néanmoins des efforts pastoraux envers les divorcés remariés.
Alors que plusieurs interventions du pape François ont pu être interprétées comme le prélude à un changement de la discipline de l’Eglise en la matière, Mgr Müller entend «approfondir avec sérénité» la question des fidèles divorcés remariés après l’annonce du synode extraordinaire sur la pastorale de la famille qui se tiendra en octobre 2014, mais également après diverses interventions sur le sujet.
Au début de son article, Mgr Müller assure que la question des fidèles qui ont contracté un nouveau lien civil après un divorce a «toujours été suivie avec un grand sérieux par l’Eglise» puis reconnaît qu’il s’agit d’un «problème de grande portée en raison du nombre croissant de personnes concernées dans les pays d’antique tradition chrétienne». Puis, longuement, il revient sur l’enseignement de la Bible sur le mariage, et expose la tradition de l’Eglise qui, depuis les premiers siècles, «en obéissance à l’Evangile, a rejeté le divorce et le remariage».
Par la suite, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelle «l’indissolubilité du mariage», exposée à travers le magistère de l’Eglise, et le choix de l’institution de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés.
De plus en plus de mariages nuls
«La mentalité contemporaine se place largement en opposition à la compréhension chrétienne du mariage, notamment par rapport à son indissolubilité ou à l’ouverture à la vie», déplore Mgr Müller. «Etant donné que beaucoup de chrétiens sont influencés par cette mentalité, explique-t-il ensuite, les mariages sont probablement plus souvent invalides de nos jours qu’ils ne l’étaient par le passé, parce que manque la volonté de se marier selon le sens de la doctrine matrimoniale catholique et que la socialisation dans le contexte vivant de foi est trop réduite». En conséquence, conclut-il, «une vérification de la validité du mariage est importante et peut conduire à une solution des problèmes».
S’il encourage donc l’examen par les tribunaux ecclésiastiques de la nullité du mariage contracté, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi rappelle aussi que l’Eglise invite les personnes divorcées remariées à «vivre en complète continence». «Là où il n’est pas possible de constater une nullité du mariage, rappelle-t-il, l’absolution et la communion eucharistique présupposent, selon la pratique éprouvée de l’Eglise, une vie commune comme amis, comme frère et sœur».
«Bien que l’admission des divorcés remariés aux sacrements ne soit pas possible en raison de la nature profonde de ces derniers», insiste Mgr Müller, «les efforts pastoraux s’imposent d’autant plus envers ces fidèles, même si ceux-ci doivent se conformer aux normes dérivant de la Révélation et du Magistère de l’Eglise». «Le parcours indiqué par l’Eglise pour les personnes concernées n’est pas simple, poursuit-il, mais elles doivent savoir et sentir que l’Eglise accompagne leur chemin en tant que communauté de salut». (apic/imedia/ami/mp)



