Après qu’une motion de soutien de l’UE ait été reportée «sine die»

France: AED dénonce la frilosité de l’Union Européenne face aux chrétiens d’Orient

Paris, 2 février 2011 (Apic) Directeur de l’Aide à l’Eglise en Détresse France (AED) (*), Marc Fromager, s’est dit «consterné» après la décision des 27 ministres européens de reporter «sine die», faute de consensus, une motion visant à soutenir les chrétiens persécutés dans les pays du Moyen-Orient et à renforcer l’action de l’Union Européenne en faveur de la liberté religieuse. «A force de déclarations ambiguës déconnectées de la réalité, en l’occurrence le refus de spécifier la tragédie de la persécution antichrétienne dans le monde, l’Europe étale une fois encore son insignifiance politique», a-t-il déclaré dans un communiqué rendu public le 2 février 2011.

Dans ce communiqué, AED rappelle que le 31 janvier dernier, à Bruxelles, se tenait une réunion des ministres européens des Affaires Etrangères, sous la présidence de Catherine Ashton, Haut Représentant pour la politique étrangère de l’Union Européenne. «Un texte a été proposé pour soutenir les chrétiens persécutés dans les pays du Moyen-Orient et renforcer l’action de l’Union Européenne en faveur de la liberté religieuse. Une polémique est apparue sur la mention même du mot ’chrétien’ dans le texte, si bien que ce dernier a été reporté ’sine die’, faute de consensus», déplore AED.

En outre, l’Association catholique cite le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella, qui s’en est pris en particulier à Catherine Ashton, sur les ondes de Radio Vatican: «Le contrôle du langage est devenu insupportable et je ne veux plus respecter un langage qui refuse de reconnaître le fait chrétien», a-t-il déclaré.

Dans un entretien avec Raphaëlle Autric, de AED France, Grégor Puppinck, directeur de l’European Center for Law and Justice (ECLJ), pense que la frilosité de l’Union Européenne à défendre les chrétiens du Moyen-Orient découle d’une politique guidée par la peur. «Il y a eu de vraies positions courageuses de la part de l’Italie, de la Hongrie, de la France, de la Pologne, ou encore de la Roumanie, relève Grégor Puppinck, mais certains gouvernements européens ont été lâches, par peur de déplaire, par crainte de s’attirer en retour les foudres des gouvernements musulmans». Pour lui, le Conseil européen a renoncé à condamner les persécutions subies par les chrétiens de peur de condamner leurs persécuteurs.

Ce dernier pense que, ne rien dire sur les persécutions antichrétiennes, c’est encourager les gouvernements à poursuivre leurs politiques discriminatoires, laquelle incite à l’exode des chrétiens, affaiblit le pluralisme culturel et religieux dans leur pays et renforce la bipolarisation. «C’est de la lâcheté à court terme, et de l’inconséquence à long terme. Tout ce qui sera fait pour aider les chrétiens à rester sur place, dans des conditions de sécurité, contribuera à l’apaisement du conflit civilisationnel, en évitant cette bipolarisation», explique-t-il. Et de conclure: «Il faut interpeller les cinq gouvernements qui ont refusé le texte du 31 janvier (Portugal, Espagne, Luxemburg, Irlande et Chypre). Quand on laisse un violent agir par peur de ses réactions, on l’encourage à continuer. Les chrétiens persécutés ont besoin d’être soutenus.»

(*) L’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) est une association internationale de droit pontifical, membre associé du Conseil national de la solidarité des évêques de France. Elle soutient les chrétiens partout où ils sont persécutés, refugiés ou menacés. L’AED intervient dans 137 pays. (apic/com/nd)

2 février 2011 | 17:49
par webmaster@kath.ch
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