Pour limiter les nombreux accidents mortels

Arabie Saoudite: Des oulémas d’accord de mettre fin aux pèlerinages multiples

Djeddah, 25 janvier 2005 (Apic) Des oulémas et penseurs islamiques de plusieurs pays musulmans du monde réunis en Arabie Saoudite ont préconisé une limitation du nombre de pèlerinages aux lieux saints de l’islam. Ils veulent ainsi limiter les nombreux accidents mortels qui ont lieu lors de bousculades à l’occasion du traditionnel pèlerinage qui a réuni cette année à La Mecque quelque 2,5 millions de musulmans.

Réunis en Arabie Saoudite, pour échanger des vues sur les problèmes du monde islamique, ils ont indiqué que la limitation des pèlerinages permettra aux musulmans d’accomplir les rites dans un environnement plus détendu et plus aisé. L’Arabie Saoudite abrite les lieux saints de l’islam visités chaque année par plus d’un million et demi de pèlerins venus des quatre coins du monde, sans compter les fidèles saoudiens.

Samedi, plusieurs pèlerins sont morts pendant la «lapidation de Satan» dans la plaine de Mina, mais l’an dernier, 251 fidèles avaient perdu la vie dans les bousculades. Selon l’Agence d’Information Islamique, citée par l’Agence de Presse Sénégalaise, les oulémas ont proposé lors de leur réunion que les musulmans ayant été une fois à la Mecque n’y retournent qu’après une pause de cinq ans.

Cette mesure permettrait «d’éviter les catastrophes, telles que les pertes en vies humaines, les dégâts matériels». Ces accidents sont causés par des bousculades monstres dues essentiellement «aux pèlerinages multiples effectués», notamment par les gens riches. L’islam recommande aux musulmans qui ont les moyens d’effectuer, au moins une fois dans leur vie, un pèlerinage aux lieux saints.

Penser aussi aux pauvres et aux orphelins

Selon les oulémas, les incidents les plus nombreux sont notés à Mina, lors de la «lapidation de Satan», symbolisé par une stèle. En outre, ont poursuivi les penseurs musulmans, les pèlerinages successifs entraînent aussi des gaspillages de plusieurs milliards de dollars qui auraient dû être utilisés en faveur des nombreux pauvres, orphelins, veuves, malades et des nécessiteux vivants dans les pays islamiques.

A cet égard, ils ont suggéré aux Etats islamiques, de créer un fonds social international. Il serait alimenté par les contributions de personnes qui, au lieu de se rendre plusieurs fois aux lieux saints de l’islam, y verseraient cet argent. «Ce geste offre plus de récompenses divines pour le musulman que d’effectuer un pèlerinage à la Mecque plusieurs fois».

L’un des participants, Quardawi, a déclaré que le fait de donner à manger à une personne affamée ou aider un malade, un orphelin, une veuve, voire construire une école est religieusement plus important que d’effectuer plusieurs pèlerinages à la Mecque. Selon Bamba Ndiaye, un islamologue sénégalais, cette idée des oulémas n’est pas nouvelle. Elle a déjà été émise depuis une dizaine d’années. Elle a abouti à l’instauration d’un quota de pèlerins pour chaque pays. (apic/Ibc/be)

25 janvier 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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