Argentine: 2’000 représentants «latinos» engagés dans la théologies de libération en session
Le Séminaire théologique condamne les modèles politiques actuels
Buenos Aires, 1er février 2000 (APIC) Quelque 2’000 représentants engagés pour plus de justice sociale de différentes Eglises participent jusqu’au 5 février à Buenos Aires, en Argentine, à ce qui constitue l’un des plus grands événements latino-américains de la théologie de la libération.
«Le Séminaire de formation théologique», qui se réunit pour la quinzième fois, rassemble des leaders de communautés de base et d’organisations ecclésiales de 18 provinces argentines. Des délégations du Chili, d’Uruguay, de Bolivie et du Pérou, notamment, prennent également part à cette rencontre oecuménique, l’une des plus importantes du continent selon Néstor Borri, de l’équipe d’organisation.
Sous le thème «Desde los pobres construimos una sociedad para todos
150 groupes répartis selon 23 thèmes planchent sur des questions sociales, à partir de la réalité latino-américaine.
«Pour nous, explique Néstor Borri, secrétaire exécutif du Centre «Nueva Tierra para la Promocion Social y Pastoral» (Nouvelle Terre pour la promotion sociale et pastorale), l’option pour les pauvres s’accompagne de la lutte pour renforcer la démocratie. Cette option n’est pas seulement un sentiment religieux mais un défi structurel associé à la démocratie… Promouvoir la démocratie en Argentine et sur le continent signifie inclure ceux qui restent dehors à cause d’un modèle économico-social qui exclut».
«Nueva Tierra» est une organisation non gouvernementale qui met sur pied ces rencontres oecuméniques annuelles, qui se tiennent depuis 1986. Le 15e séminaire a débuté dimanche dernier par une célébration interreligieuse à laquelle ont participé des représentants des communautés chrétiennes, juives et musulmanes d’Argentine.
Plusieurs évêques et laïcs catholiques, orthodoxes et protestants ont concélébré ce service.
Une place pour tous
De leur coté, onze personnalités nationales ont publié avant l’ouverture du Séminaire un communiqué d’adhésion «en faveur d’un pays où tous ont une place». Parmi les auteurs de ce document figurent Adolfo Pérez Esquivel, lauréat du Prix Nobel de la paix, les Mères et Grands-Mères de la Place de Mai; le Mouvement oecuménique pour les droits de la personne; la Conférence argentine des religieuses et religieux; les évêques catholiques Miguel Hesayne et Agustin Radrizzani, et le pasteur Aldo Echegoyen, évêque de l’Eglise méthodiste.
L’évêque Echegoyen considère qu’on ne peut faire de la théologie en Amérique latine sans faire de la sociologie, de l’économie et de la politique. Et que des initiatives comme celle du séminaire sont une «façon de faire face à tout ce système d’exclusion économique que nous subissons concrètement».
Renforcement du secteur progressiste
Les médias nationaux ont mis l’accent sur le processus important de renforcement de ce secteur progressiste de l’Eglise. Si, lors du premier séminaire de 1986, le nombre des participants ne dépassait pas 400 personnes, lors des dernières rencontres, ce chiffre a été multiplié par cinq. 92% sont aujourd’hui des laïcs, 5 % des religieux et religieuses et 2,5 % des prêtres.
La présence importante de jeunes et de femmes est un autre élément important du séminaire actuel. Plus de la moitié des participants en 1999 avaient entre 18 et 40 ans. (apic/eni/pr)




