Argentine: Appel des évêques à des changements «drastiques» et «moraux»
Mise en garde contre les querelles «cyniques» et «égoïstes»
Buenos Aires, 27 décembre 2001 (APIC) Les évêques d’Argentine réclament des «changements drastiques et moraux» sur la manière de conduire la politique en Argentine. S’exprimant sur la grave crise économique qui a obligé le président De la Rua à démissionner, les prélats ont mis en garde contre les querelles «cyniques» et «égoïstes» ainsi que contre «les appétits du pouvoir». Ils demandent enfin aux politiciens d’être des exemples «d’austérité, d’unité et de solidarité» pour sortir le pays de la crise.
Le président de la Conférence épiscopale d’Argentine, Mgr Estanislao Karlic, a demandé à la classe politique de faire des sacrifices et offert un message d’»espérance» pour Noël à tous les Argentins, surtout aux plus pauvres «Nous vivons des heures au cours desquelles, tous les responsables politiques et les citoyens, doivent assumer des actes de générosité, se montrer responsables face à leurs engagements et faire les sacrifices nécessaires pour mieux servir les autres», a-t-il fait remarquer.
L’archevêque de Buenos Aires, le cardinal Jorge Bergoglio a pour sa part prié les politiciens de se faire porteur d’espérance au lieu de la désolation».
Quant à l’évêque de Rosario, il a fait allusion aux élections du 3 mars prochain qui détermineront le nom du président appelé à remplacer Fernando de la Rua jusqu’à la fin 2003.
De la Rua a renoncé jeudi dernier à la présidence argentine à la suite des émeutes qui ont causé la mort de vingt-huit personnes Il a été remplacé par Adolfo Rodriguez Saa qui assume la présidence de l’Etat par interim.
Au lendemain de sa décision de suspendre le remboursement de la dette, le nouveau gouvernement argentin a lancé une nouvelle monnaie, l’argentino, qui devrait permettre au gouvernement d’assurer les paiements des salaires de l’Etat et des retraites, notamment.
Le gouvernement a par ailleurs annoncé la révision du décret interdisant les extraditions signées la semaine précédente par Fernando de la Rua. La question des droits de l’homme constituait une pomme de discorde entre Buenos Aires et l’Europe qui demandait depuis des années l’extradition des anciens bourreaux. (apic/ag/at/pr)



