Une réaction aux dictatures, le développement de l’oecuménisme

Argentine: Efforts d’unité des Eglises latino-américaines

Buenos Aires, 27 février 2007 (Apic) Les efforts visant à atteindre l’unité des chrétiens en Argentine sont inextricablement liés au rôle solidaire des Eglises et de certains de leurs membres, en réaction aux récentes dictatures militaires d’Amérique latine. Une enquête tend à le démontrer.

Présentée lors du plus grand rassemblement d’Eglises de la région, l’Assemblée du Conseil des Eglises d’Amérique latine (CLAI), qui a eu lieu du 19 au 25 février, une enquête indique qu’au Chili, par exemple «dès le coup d’Etat militaire de septembre 1973, les Eglises liées au Conseil oecuménique des Eglises (COE) ont commencé à s’organiser en entités et en groupes oecuméniques, en solidarité avec les persécutés et les victimes».

Tandis que l’avènement de la démocratie en Argentine au début des années 80 s’est accompagné d’une explosion de nouvelles Eglises évangéliques. Et cela plutôt que d’une croissance des églises traditionnelles protestantes de l’Eglise catholique romaine.

Les résultats de cette enquête, «Réalité et perspectives du mouvement oecuménique en Amérique latine», montrent que le mouvement oecuménique en Argentine est indissociable du rôle joué par les Eglises et les fidèles sous les dernières dictatures militaires que l’Amérique latine a connues, notamment celles qui ont fait subir au pays les pires violations des droits de la personne (de 1976 à 1983).

Les chercheurs ont mis l’accent sur l’Argentine, le Brésil, le Nicaragua et le Pérou, en tant que «pays représentatifs du continent». Le rapport a été préparé pour l’Assemblée du CLAI, qui se réunit tous les six ans. Les recherches ont été réalisées en 2006. Divers responsables d’Eglises et d’institutions religieuses ont été interrogés

Lutter pour les droits des populations

«Au Chili, dès février 1976, le Mouvement oecuménique pour les droits de l’homme fut créé et son travail eut pour résultat de «sauver des vies, garder le contact avec les prisonniers politiques et aider les personnes expulsées par la junte au pouvoir à quitter le pays «.

En 1978, en Argentine, diverses Eglises et organisations liées à celles-ci se sont ralliées au Conseil des Eglises d’Amérique latine, tout juste formé.

Pourtant, lorsque la démocratie fut rétablie, en 1983, l’Argentine connut une poussée de «prédicateurs médiatiques» locaux, issus des mouvements évangélique et pentecôtiste. «Ils ont commencé à prêcher l’Evangile en des lieux jamais atteints auparavant par le protestantisme historique ou les Eglise évangéliques institutionnelles.» Le rapport note que «cette diffusion de masse de la parole de Dieu a commencé dans les quartiers les plus pauvres des villes, où les prédications et les cultes avaient lieu dans de petite chapelles et de vieux cinémas.»

La grave crise sociale, politique et économique marquée par l’hyperinflation, qui a commencé en 1989, a entraîné une augmentation de la pauvreté, souligne le rapport. Par ailleurs, la crise économique de 2001 a donné aux Eglises protestantes et aux agences oecuméniques «de nouvelles forces pour lutter en faveur des droits sociaux, politiques et économiques de la population». (apic/eni/vb)

27 février 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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