Argentine: Inquiétude pour la «disparition» d’un témoin clé contre un tortionnaire

Les juges aussi menacés: les Argentins dans la rue

Buenos Aires, 29 septembre 2006 (Apic) Des milliers d’Argentins ont défilé mercredi dans les rues de la capitale Buenos Aires, en partant du siège du Parlement pour se réunir sur la symbolique Plaza de Mayo, afin manifester leur solidarité à Jorge Julio López, le témoin clef du procès contre l’ex-commissaire de la ’Policía Bonaerensé Miguel Etchecolatz, disparu depuis le 18 septembre.

«Moins de 5% des auteurs de violences durant la dictature est en prison tandis que 95% sont encore en liberté et nous sommes en danger, a déclaré Nilda Eloy, une rescapée du dernier régime (1976-1983) qui avait porté plainte contre Etchecolatz, en s’adressant à la foule rassemblée et brandissant des panneaux sur lesquels figurait le slogan «Jorge Julio López, con vida ya!».

Simultanément à la manifestation, le président du tribunal, Carlos Rosanzky qui, la semaine dernière, avait condamné Etchecolatz à la prison à perpétuité pour crime de lèse humanité, a dénoncé le fait qu’il a reçu des menaces de mort dans une lettre anonyme dont un extrait a été divulgué: «Vous êtes en train de juger les défenseurs de la patrie».

Il ne s’agit pas des premières intimidations visant Rosanzky, ainsi que ses collègues Norberto Lorenzo et Horacio Insaurralde. Le président argentin Néstor Kirchner a lui aussi de nouveau abordé cette délicate affaire, qui monopolise depuis 10 jours l’attention des médias locaux, exprimant «une très grande angoisse» pour le destin de Jorge Julio López – déjà surnommé le ’desaparecido numéro 30’000/1’, le premier après les milliers de disparition durant la dictature militaire – un ancien maçon qui a reconnu en la personne d’Etchecolatz son bourreau durant le régime.

«Le passé n’a pas été mis en échec, nous devons faire attention. Les Argentins ne peuvent permettre que l’on retourne en arrière» a souligné le président Kirchner en exhortant la magistrature «à poursuivre» les procès contre les ex-hiérarques du régime, qui ont pu reprendre suite à l’annulation en 2003 des lois dites du pardon, dont des centaines d’ex-agents du régime accusés de violations des droits de l’homme avaient pu bénéficier, grâce à Menem, chantre de ces amnisties. (apic/misna/pr)

29 septembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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