Mgr Palentini invite les peuples latinos à ne pas payer la dette
Argentine: L’évêque de Jujuy demande aux chrétiens un engagement politique massif
Buenos Aires, 5 décembre 2001 (APIC) L’erreur la plus grave est de «ne pas participer» à la politique et au processus social, mais l’Eglise doit se demander si «elle s’engage suffisamment pour former des politiques, des économistes, des syndicalistes et si elle soutient ceux qui travaillent dans ces domaines», s’interroge Mgr Marcelo Palentini, évêque de Jujuy, en Argentine. Le prélat invite les peuples d’Amérique latine à s’unir. pour ne pas payer la dette extérieure.
«Il est nécessaire, affirme l’évêque, alors que le pays est au bord de la faillite, que dans nos diocèse et paroisses tous les chrétiens entament tout de suite un processus de formation politique à la lumière de la foi, en envisageant la politique comme la recherche du bien commun».
L’évêque pose aujourd’hui des questions embarrassantes à l’adresse du gouvernement: Tout a été déjà vendu à travers les privatisations: mais où en est le produit? Quel bénéfice les gens en ont retiré? Même sans les recettes en main, il est important de parvenir à une prise de conscience en vue d’un projet social alternatif. Sommes-nous ne train de travailler en envisageant l’avenir, sur la base d’un projet intéressant tout le pays, ou bien nous limitons-nous tout simplement à boucher des trous, à éteindre des incendies? «Il est essentiel que le peuple s’unisse, s’organise, en adhérant aux réseaux de solidarité qui assurent la survie aux plus pauvres, mais sans nous arrêter là».
A propos de la situation du pays, Mgr Palentini remarque que «le chômage et la manque d’emploi représentent aujourd’hui un drame qui peut conduire à un conflit social aux conséquences très graves. Le mal représenté par les piqueteros (ceux qui bloquent les routes) n’est pas le plus grave. Les piqueteros sont certainement gênants, mais le véritable drame, ce sont eux qui le vivent lorsqu’ils arrivent chez eux sans avoir de quoi nourrir leurs enfants. Ils ne peuvent point payer les taxes, ni les médicaments . Si l’on ne parvient pas à résoudre ce drame, qui deviendra plus vaste et général, nous arriverons à une époque obscure».
Urgence
Et à ce sujet, le prélat observe «qu’il est urgent de s’unir pour affronter même les grands problèmes de fond. Ceux qui pensaient être invincibles sont tombés. Nous ne devons point oublier David qui, grâce à sa confiance en Dieu et à sa visée infaillible, a battu le géant Goliath. Les puissances financières semblent en ce moment invincibles. Mais si tous les peuples de l’Amérique latine se décidaient à ne pas payer la dette extérieure . les choses changeraient». (apic/vd/pr)



