Argentine: L’intervention vaticane en faveur de Pinochet suscite toujours des remous
Menem écrit au pape pour désavouer les «Mères de la Place de Mai»
Buenos Aires, 14 mars 1999 (APIC) Une semaine après avoir désavoué publiquement les «Mères de la Place de Mai» – qui n’ont pas ménagé leurs critiques face à l’intervention vaticane en faveur de l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet – le président argentin Carlos Menem a envoyé une lettre personnelle de soutien au pape Jean Paul II.
Le président argentin avait déjà déploré les critiques formulées par plusieurs évêques, dont Mgr Carlos Camus, évêque de Linares, et par les Mères et Grands-Mères de la Place de Mai. Ces dernières, qui continuent de manifester à Buenos Aires pour réclamer justice pour leurs enfants, petits-enfants ou époux assassinés ou «disparus» sous la dictature, avaient dénoncé l’intervention du Vatican en faveur de Pinochet en manifestant devant la nonciature et en rendant publique une lettre ouverte au pape. Dans ce message, leur présidente, Hebe Bonafini, demandait à Jean Paul II de ne pas pardonner les violations des droits de l’homme de Pinochet et reprochait au pape une intervention «aberrante».
«Attaques injustes» contre le pape
Dans une lettre personnelle adressée au pape, Carlos Menem s’en prend vivement aux Mères de la Place de Mai, révèle l’agence de presse péruvienne ACI-Prensa. «Je me sens particulièrement blessé et j’ai honte que de telles injures soient proférées par des personnes nées dans notre pays «, écrit le président argentin, qui s’insurge contre «un acte d’injustice à l’encontre d’un des plus grands défenseurs des droits humains de notre temps «.
Le message d’adhésion du président vient s’ajouter, note ACI-Prensa, à de nombreuses autres manifestations de solidarité émanant, entre autres, de l’épiscopat argentin, du secrétaire des Cultes à la présidence, des recteurs des universités, du patronat, etc. L’agence ajoute que Hebe Bonafini et les Mères de la Place de Mai n’ont sont pas à leur première «insulte» dirigée contre le pape, et qu’elles ont déjà été clouées au pilori à d’autres occasions, notamment lorsque leur médiation fut sollicitée par le mouvement de guérilla péruvien du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) lors de la prise d’otages à l’ambassade du Japon à Lima, qui s’acheva dans le sang le 23 avril 1997. (apic/cip/aci/be)



