Les anciens combattants exigent de meilleures conditions de vie
Argentine: La guerre des Malvines fait encore des victimes 22 ans après
BUenos Aires, 29 juillet 2004 (Apic) Depuis plus de deux mois, dans le désintérêt presque général, des dizaines d’ex-militaires, anciens combattants de la guerre des Falklands-Malvines en 1982 au service de l’armée argentine, sont rassemblés sur la «Plaza de Mayo», à Buenos Aires, lieu symbolique s’il en est de la protestation sociale et civile dans ce pays sud-américain. Ils revendiquent une meilleure retraite. Et des conditions de vie plus décente. La guerre avait fait 700 morts du côté des forces argentines. Depuis, 22 ans après, on a compté 700 suicides d’anciens combattants. Une guerre qui fait encore des ravages.
Ils demandent également au gouvernement argentin de les recevoir et d’entendre leurs revendications. Le conflit d’il y a 22 ans, dans lequel 700 soldats argentins et 255 britanniques ont perdu la vie, a duré du 2 avril au 14 juin et a mis face à face l’Argentine et la Grande Bretagne pour le contrôle des îles. Des îles découvertes en 1520 par l’expédition espagnole d’Esteban Gómez. Iles occupées en 1833 par Londres, qui en détient depuis lors la souveraineté malgré les protestations répétées de Buenos Aires.
Les rescapés de la guerre des Malvines, dont nombre d’entre eux sont encore jeunes, demandent à présent que l’Etat augmente leur retraite jamais revue depuis 1991.
La retraite moyenne d’un soldat qui a combattu aux Falklands-Malvines est de 430 pesos par mois (soit 140 euro); ajoutée à quelques bénéfices garantis aux rescapés par les lois provinciales, cette somme arrive à 700 pesos (environ 230 euro). Or, selon l’Institut national de statistique, en Argentine le seuil de pauvreté est fixé en dessous de 724 pesos mensuels.
Pas l’aumône
Les rescapés demandent davantage à présent ainsi qu’un simple dédommagement pour ce qu’ils ont subi de la dictature militaire argentine une fois le conflit achevé, duquel ils sont sortis perdants. «Au retour des îles, ils nous ont imposé un silence forcé» témoigne aujourd’hui Ernesto Alonso, président du «Consejo de Instituciones de Ex Combatientes y Veteranos de Malvinas» de la province de Buenos Aires. «A peine rentrés, nous avons été enfermés dans un camp de l’armée pour «grossir» car on ne voulait pas que l’on sache à quel point nous avions souffert pour la faim. Ils nous ont ensuite obligé à signer une déclaration officielle par laquelle nous nous sommes engagés à ne rien révéler sur ce qui s’était passé durant la guerre».
Le résultat, a encore expliqué Alonso, est que la moitié des combattants de l’époque vont très mal. Alonso a également rappelé qu’après la guerre le nombre de soldats argentins se sont suicidés. Il cite le nombre de 700. Soit l’équivalent des personnes tombées durant la guerre. (apic/misna/pr)



