Une victoire morale de la société, estime un évêque méthodiste

Argentine : Le dossier des enfants disparus sous la dictature peut enfin s’ouvrir

Buenos Aires 20 avril 1997 (APIC) – Vingt ans après la tristement célèbre dictature militaire argentine, la justice de ce pays va pouvoir ouvrir le dossiers des enfants disparus. Assassinés par des militaires. La décision d’un juge pourrait changer bien des choses… A moins que les militaires et le pouvoir politique ne mettent une nouvelle fois les bâtons dans les roues.

La récente décision de la justice argentine d’enquêter sur la disparition de quelque 400 enfants durant la dernière dictature militaire constitue une victoire morale de la société argentine et un triomphe pour les organismes de défense des droits de l’homme, estime l’évêque Aldo Etchegoyen, de l’Eglise mèthodiste argentine, l’une des institutions religieuses les plus engagées dans la recherche de la vérité historique.

Le 15 avril dernier, Eduardo Freiler, un procureur argentin, a prononcé une décision selon laquelle les délits d’enlèvement de mineurs peuvent faire l’objet d’une enquête judiciaire. Ce qui signifie que vingt ans après, la justice argentine pourra ouvrir le dossier des enfants disparus.

Durant la dictature (1976 à 1983) plus de dix mille personnes – 30’000 et plus selon certaines sources – ont été enlevées, détenues par des groupes militaires et paramilitaires qui les ont fait disparaître, et parmi elles, de très jeunes enfants ou des enfants nés durant la captivité de leur mère.

La décision du juge Freiler implique que dans un bref délai un juge fédéral ouvrira de nouvelles enquêtes et enregistrera les dépositions de militaires accusés d’avoir enlevé des centaines d’enfants. Parmi eux, le lieutenant général Cristino Nicolaides, l’amiral Ruben Franco, le général Harguindegui, Reynaldo Bignone, un ancien membre de la junte militaire, et l’ancien général Carlos Suarez Mason.

Cette décision est l’aboutissement des efforts des organismes de défense des droits de la personne et de la société dans son ensemble, a souligné l’évêque Etchegoyen. , du journaliste Horacio Verbitsky, qui reprend son entretien avec l’ancien capitaine de la marine argentine, Francisco Scilingo, avait apporté des témoignages nouveaux. Francisco Scilingo y confessait notamment que des milliers de disparus, drogués et sans vêtements, avaient été jetés depuis des avions militaires dans les eaux de l’Atlantique, pour que toute trace de leur disparition soit effacée.

Vingt ans après, tout indique que la nouvelle enquête sur ce qui s’est passé ravivera le drame des dé’tenus-disparus et de leurs proches, dans un processus >, commente encore l’évêque Etchegoyen. (apic/eni/pr)

6 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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