Mgr Edgardo Storni rejette les accusations d’abus sexuels
Argentine: Le pape accepte la démission de l’évêque de Santa Fe de la Vera Cruz
Buenos Aires, 1er octobre 2002 (APIC) Le pape Jean Paul II a accepté mardi 1er octobre la démission de Mgr Edgardo Gabriel Storni, évêque de Santa Fe de la Vera Cruz, accusé dans le passé d’abus sexuels contre des séminaristes. Le bureau de presse du Saint-Siège a simplement annoncé en trois lignes que la démission du prélat âgé de 66 ans a eu lieu en conformité avec le canon 401 al. 2 du Code de droit canonique.
En principe, les évêques remettent leur démission pour raison d’âge à 75 ans, conformément à l’al. 1 de l’article 401 du Code de droit canonique. L’alinéa 2 précise que «l’évêque diocésain qui, pour une raison de santé ou pour toute autre cause grave, ne pourrait plus remplir convenablement son office, est instamment prié de présenter la renonciation à cet office.»
La semaine dernière, la presse argentine révélait que le prélat avait démissionné. L’évêque de Santa Fe de la Vera Cruz, selon le quotidien «Clarin» du jeudi 26 septembre, avait présenté sa démission le samedi précédent au pape Jean Paul II à Rome, où il séjourne actuellement. Il avait renoncé à sa charge en raison d’accusations d’abus sexuels contre des séminaristes, ce qu’il a nié de façon véhémente en clamant son innocence.
Une première dans l’histoire de l’Eglise argentine
D’après le journal de Buenos Aires, c’est la première fois dans l’histoire de l’Eglise argentine que l’on assiste à la démission d’un évêque pour un scandale de cette nature. «Clarin» affirme que la conduite de l’archevêque avait déjà fait l’objet d’une enquête de la part du Saint- Siège en 1994, mais les résultats n’en avaient pas été rendus publics. Le journal argentin écrit que Mgr Edgardo Gabriel Storni avait envoyé de Rome par fax, au siège de l’Eglise locale, une lettre manuscrite où il présentait sa démission. Cette lettre a été retransmise à la bonne centaine de paroisses du diocèse qui compte près de 800’000 catholiques.
Dans sa missive, l’évêque de Santa Fe de la Vera Cruz affirme que sa démission ne signifie d’aucune manière qu’il reconnaît des fautes ni qu’il accepte les accusations. «Tout le contraire. En paix avec ma conscience, je rejette toute charge. Sachant que ni rien ni personne – ni ma propre conscience – peuvent me juger. Mon juge est le Seigneur».
«En paix avec ma conscience»
Le prélat relève qu’après un temps de silence et «après tant d’agression et tant de douleur», il a choisi de démissionner pour «rompre un cercle infernal» et pour que la communauté jouisse à nouveau de la communion fraternelle. Le scandale a éclaté en août dernier lors de la présentation à Santa Fe du livre «Notre Sainte Mère», de la journaliste Olga Wornat, qui critique notamment les liens entre la dictature militaire et des éléments de la hiérarchie ecclésiale argentine.
Mgr Storni est accusé d’avoir été impliqué dans des présumés cas d’abus sexuels contre des séminaristes durant des vacances à Cordoba, en 1994. Une enquête sur cette affaire avait été confiée par le Vatican à l’archevêque de Mendoza, Mgr José Maria Arancibia, qui avait auditionné près d’une centaine de prêtres et de séminaristes. Mgr Edgardo Gabriel Storni, nommé par Paul VI évêque auxiliaire en janvier 1977, a été ordonné évêque le 25 mars 1977. Le 28 août 1984, le pape Jean Paul II le désignait comme archevêque de Santa Fe, dont il prit possession le 30 septembre 1984. (apic/kna/clar/bostglob/be)




