Lourdes condamnations pour des miliaires de l’ancienne dictature

Argentine: Le pays fait face à son passé

Buenos Aires, 8 août 2008 (Apic) A la différence de nombreux pays de l’Amérique latine, l’Argentine fait face à son passé. La justice a prononcé des peines allant de 18 ans de prison à la détention à vie, contre trois militaires et un gendarme, en service sous l’ancienne dictature (1976-1983). Ils ont été condamnés pour crimes contre l’humanité par un tribunal de la province nord-orientale de Corrientes.

À l’issue de six mois d’audiences, le lieutenant Julio Rafael Barreiro, le capitaine Juan Carlos De Marchi, le lieutenant Horacio Losito et l’ex-comandant de la gendarmerie Raúl Alfredo Reynoso ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs, privation illégale de liberté, tortures et disparitions de prisonniers politiques, dont Juan Ramón Vargas, président des Ligues Agraires, et Rómulo Gregorio Artieda, militant de la Jeunesse Péroniste, portés disparus entre 1776 et 1977.

Le débat judiciaire a fait l’objet d’une grande attention de la part de la communauté de Corrientes du fait de la présence de Juan Carlos De Marchi, producteur agricole de grande renommée et ex-président de la Société Rurale provinciale, mais aussi de moments de tensions, lorsque Cecilia Pando, épouse de l’un des imputés, s’est violemment adressée au secrétaire national des droits de l’homme, Eduardo Duhalde, présent dans la salle, en le menaçant publiquement de mort.

L’ex-commandant de l’armée, Cristino Nicolaides, est impliqué dans le même procès mais sera jugé dans un second moment du fait de son état de santé actuel. (apic/misna/pr)

8 août 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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