Le pouvoir sourd à leur revendication: la réouverture de leur procès
Argentine: Les 13 prisonniers de > ont entamé leur 88e jour de grève de la faim
Buenos Aires, 1er décembre 2000 (APIC) Les 13 prisonniers de > ont entamé vendredi leur 88e jour de grève de la faim. Le pouvoir reste sourd à leur revendication: la réouverture de leur procès. Seul désormais un vote du parlement pourrait leur éviter la mort. Le président Fernando de la Rua se refuse toujours à signer un décret présidentiel, comme il en a pourtant le pouvoir.
Les 13 prisonniers de >, 10 hommes et 3 femmes, ont en effet entamé vendredi matin leur 88e jour de grève de la faim. Leur état de santé, jugé désespéré par les médecins de l’hôpital dans lequel ils ont été transférés, inspire les pires inquiétudes. Pour l’heure, le président de la Rua, qui a pourtant politiquement tout à craindre de l’issue de ce drame, fait la sourde oreille aux pressions de la rue et des organisations humanitaires internationales. Il s’oppose toujours à la révision du procès demandée par les 13 prisonniers.
Les détenus de > demandent en effet que soit revu leur procès, au cours duquel ils ont été condamnés à la prison à vie sans aucun droit de recourir contre la sentence. Une première grève de la faim de ces mêmes personnes s’était achevée en juillet dernier, après 46 jours de jeûne, mais surtout après les promesses du pouvoir de modifier la Loi dite de >. Il y a quelques jours, la Cour de cassation a rejeté leur requête de révision, éliminant de fait la résolution judiciaire de l’affaire.
Le 23 janvier 1989, un groupe de militants du Mtp (Mouvement tous pour la patrie) attaquait la caserne de >, convaincus qu’un nouveau coup d’Etat militaire s’y préparait. Le bilan fut de 39 morts, 11 militaires et 28 activistes du Mtp, dont certains furent tués après la descente. Les autres, torturés, frappés et isolés en prison furent condamnés à des peines allant de 10 ans de prison à la perpétuité en vertu d’une loi qui ne permet pas le recours en appel.
Irrégularités
Selon une résolution de la Commission interaméricaine des droits de l’homme et une recommandation de l’Organisation des Etats américains, les prisonniers de devraient être remis en liberté en raison des > constatées durant leur procès. Aucune enquête n’a été ordonnée, ni par le pouvoir ni par la justice, après les graves événements de 1989, alors qu’il est aujourd’hui démontré que neuf guérilleros ont été froidement fusillés après s’être pourtant rendus.
Après 12 ans de prison, les détenus de > semblent aujourd’hui vouloir mener leur combat jusqu’au bout. Le gouvernement, surpris par l’ampleur que prend l’affaire et par la détermination des grévistes, craint maintenant que ne se produise l’irrémédiable.
Le pire est à craindre
Selon une déclaration faite mercredi par le sous-secrétaire à la Justice Melchor Cruchaga, les détenus de > ne peuvent obtenir une révision du procès de 1989 qu’à travers une action législative. Seul un vote du Parlement pourrait encore marquer un tournant dans cette affaire étant donné que, selon le sous-secrétaire, une amnistie présidentielle ou un décret présidentiel de commutation de peine semblent exclus.
L’affaire des grévistes fait de plus en plus de bruit en Argentine, pays qui a décrété l’impunité et l’amnistie de nombreux militaires coupables d’assassinats, de tortures et de > à l’époque de la sanglante dictature. (apic/pr)




