Argentine: Les agents de police responsables de 30% des enlèvements

La «Bonaerense» complètement gangrenée

Buenos Aires, 4 novembre 2003 (Apic) En Argentine, trois enlèvements sur dix sont l’oeuvre des agents de police. La dénonciation émane ni plus ni moins du ministre de l’Intérieur argentin, Aníbal Fernández. Au cours des six derniers mois, 207 des 225 enlèvements de personnes pour extorsion enregistrés dans toute l’Argentine, sont survenus dans la province de la capitale. Le 30% de ces enlèvements sont imputables aux «agents de l’ordre».

«Des modifications au sein de la province de Buenos Aires comme dans les autres forces de l’ordre sont nécessaires», a dit le ministre. Confirmant ainsi l’alarme déjà lancée par le président de la république, Néstor Kirchner: «Assez avec les hypocrisies! Jusqu’ici ce sont des policiers qui ont participé à la majorité des enlèvements», a en effet lancé il y a quelques jours le chef de l’Etat.

La province de Buenos Aires vit depuis le début de l’année une période de profonde incertitude. Au cours des six derniers mois, 207 des 225 enlèvements de personnes pour extorsion enregistrés dans toute l’Argentine sont survenus dans la province de la capitale, peuplée par environ 8 millions d’habitants.

L’enlèvement qui suscite le plus de discussions ces temps est celui d’un étudiant âgé de 25 ans, enlevé il y a 40 jours. Les parents du jeune homme ont fait savoir à la presse qu’ils ont reçu une demande de rançon de 100’000 dollars et que les auteurs de l’enlèvement de leur fils lui ont coupé deux doigts pour faire pression, envoyant à la maison une cassette vidéo illustrant cet acte sauvage.

Avec ses 47’000 unités, la «Bonaerense», du nom de la police de la province de Buenos Aires, est la force de l’ordre la plus importante de tout le pays. Cette force est toutefois infiltrée par de puissants mafieux, comme le dénonce le gouvernement et comme le démontrent les récents changements dans la direction de la police fédérale pour motifs de corruption ou d’enrichissement illicite.

Charrettes

Le 3 octobre dernier le secrétaire général de la «Bonaerense», le commissaire Julio César Frutos, et le directeur de la coordination opérative, le commissaire Héctor Rodolfo Díaz, respectivement numéro deux et trois du corps, ont été écartés. Un jour auparavant, le chef de la police, Roberto Giacomino, avait subi le même sort.

Pour lutter contre ce fléau, le gouvernement a décidé d’envoyer 3’300 nouveaux agents pour renforcer les patrouilles dans les rues de la province de Buenos Aires, divisée en 910 zones. L’exécutif insiste toutefois sur la nécessité de réformer tout le corps de police et accuse l’administration du péroniste Felipe Solá, à la direction de la province, de ne pas avoir fait tout le nécessaire pour s’opposer aux «infiltrations mafieuses» dans le corps de police. (apic/misna/pr)

4 novembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!