Polémique sur le préservatif
Argentine: Nouvelle dissension entre l’Eglise et le gouvernement
Buenos Aires, 8 novembre 2005 (Apic) Nouvelle dissension entre l’Eglise catholique et le gouvernement argentin, à propos du préservatif. Un évêque allant même à appeler à la désobéissance civile.
Le ministre argentin de la Santé, Gines Gonzalez Garcia, a défendu lundi la distribution gratuite de préservatifs dans les écoles. Cela, a-t-il argumenté, au nom de la lutte contre le sida et les grossesses juvéniles, en dépit des attaques répétées de l’église catholique en Argentine.
«Il s’agit d’une loi de la Nation, pas d’un caprice personnel», a déclaré le ministre au lendemain de déclarations de l’archevêque de Resistencia (nord-est), Mgr Carmelo Giaquinta, appelant à la désobéissance civile, si cette loi autorisant la distribution de préservatifs dans les écoles publiques devait être maintenue.
Mgr Giaquinta relançait ainsi la vive polémique qui avait déjà éclaté il y a plusieurs mois avec le gouvernement, en réitérant des remarques faites par un autre évêque, Mgr Antonio Baseotto, appelant à mettre à la mer avec une pierre au cou le ministre de la santé.
La déclaration faite par Mgr Baseotto à l’encontre du ministre Gonzalez Garcia, favorable à la légalisation de l’avortement en Argentine, avait choqué dans un pays où des milliers d’opposants ont été jetés à la mer pendant la dictature militaire (1976-83).
«A l’adulte qui détourne du chemin enfants et adolescents, Jésus a dit qu’il était préférable de lui attacher une pierre au cou et de le couler au fond de la mer», a déclaré dimanche Mgr Giaquinta.
L’avortement reste interdit en Argentine. Des estimation officielles évaluent à 500’000 les avortements qui se pratiquent clandestinement chaque année, selon des estimations officielles. (apic/ag/pr)



